Une tragédie haïtienne – Una tragedia haitiana

Kettly Mars, Saisons sauvages, Mercure de France, Folio, 2011

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En intitulant cet article Une tragédie haïtienne, je n’emploie pas tragédie au sens galvaudé du terme mais au sens grec ou racinien, avec des personnages qui sont la proie d’un destin contre lequel ils ne peuvent rien.
Nirvah, la protagoniste du roman Saison sauvages, de Kettly Mars,  son mari, Daniel Leroy, journaliste de l’opposition, emprisonné comme organisateur d’un coup d’État, leurs enfants, Marie et Nicolas, et même Raoul Vincent, homme fort du régime, chef des Tontons Macoutes, bien qu’ils croient parfois tenir leur destin en main, ne sont que les pièces d’un jeu d’échecs sanglant. Celui qui fait bouger les pièces se nomme François Duvalier, Papa Doc, le petit médecin de quartier devenu l’un des tyrans les plus sanguinaires des Antilles, région qui en a vu d’autres.

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« Nous savons tous ce qui se passe depuis cette maudite année 1957. Mois après mois, nous avons vu les tentacules d’une dictature se resserrer sur nos vies, mais c’était toujours la vie des autres. Nous ne prenons la vraie mesure de l’horreur qu’au moment d’être happé par la mâchoire de cette folie absurde du pouvoir. Avant, ce sont des rumeurs, des chuchotements, un enfer à l’autre bout de notre quotidien, que nous préférons oublier ou nier. Mais quand nous touchons cette réalité pour de vrai, le sol se dérobe sous nos pieds. »

Ce roman, un vrai « page turner », ces livres qui nous attrapent de telle manière qu’ils nous tiennent en haleine jusqu’à la dernière page, malgré sa couverture plus digne d’un Danielle Steele ou autre Arlequin, et certaines situations prévisibles, ce roman, donc, est le portrait d’une société sous l’emprise d’un régime dictatorial, des petits, et souvent grands, accommodements que chacun va faire pour ne pas perdre son train de vie et sa place dans la société.
On y découvre aussi, entre lignes, ce que l’on pourrait considérer comme les cause du malheur original haïtien, malheur qu’a si bien expliqué René Depestre :
« (L’existence de deux partis communistes en Haïti, dont l’un essentiellement mulâtre) a marqué même la gauche haïtienne. En principe la théorie marxiste devait permettre de transcender, d’aller au-delà de cette affaire [de couleur], mais cela ne s’est pas fait. C’est comme une donnée, une constante enracinée dans la conscience du pays, dans l’imaginaire haïtien. Cela est dû à la formation historique d’Haïti, du fait qu’il y a eu un métissage génétique entre Français et Haïtiens, entre colons et esclaves. Mais ce n’est pas une fatalité historique, c’est une chose que l’on va surmonter, puisque les Haïtiens ont pu vivre, notamment ces dernières années, [et ils ont pu] voir: que ce soit un pouvoir noir ou un pouvoir mulâtre, Haïti continue à être l’un des pays les plus sinistrés de la planète, [où continuent] les mêmes gâchis, la même absence d’État… Certains croyaient que des hommes, du fait qu’ils avaient la peau noire, comme Estimé, Magloire et Duvalier, seraient peut-être plus proches du peuple haïtien, seraient plus à l’écoute des intérêts majeurs de la paysannerie et des travailleurs d’Haïti. Mais ce n’était pas le cas, parce qu’au fond, [la couleur de la peau] n’est pas le facteur déterminant de l’évolution d’un pays. Cela fait partie des représentations dans l’imaginaire d’un peuple. J’ai essayé d’expliquer, notamment dans mon livre Bonjour et adieu à la négritude, comment le mythe racial s’est constitué depuis le temps de Christophe Colomb, puisque, c’est à partir de cette époque qu’on a commencé à avoir une perception de soi, non à partir des choses fondamentales de l’être, mais à partir du signifiant le moins important qui est la couleur de la peau qui exprime plutôt la grande diversité d’adaptation des ethnies de la planète aux conditions climatiques, aux conditions historiques qui [expliquent] qu’il y a des épidermes différents, mais cela n’a aucune signification morale, ni éthique ni esthétique. Au contraire cela exprime l’heureuse diversité de la condition humaine. » (http://ile-en-ile.org/rene-depestre-par-lui-meme/)

Revenons au roman de Kettly Mars. Quand son mari, Daniel Leroy, est enlevé par les sbires de Duvalier, Nirvah, une représentante de la bonne bourgeoisie mulâtresse de Port-au-Prince, dont le seul péché est d’avoir épousé un communiste, décide d’aller voir le chef de la police politique du régime, Raoul Vincent.

« Depuis la minute où j’ai mis les pieds dans ce bâtiment, mon temps, mon humeur, ma vie dépendent de la fantaisie du secrétaire d’État. Il n’est pas question que je cède à mon envie croissante de foutre le camp de cette salle d’attente du palais des ministères alors que j’ai enfin obtenu, après force démarches et faux espoirs, la faveur d’être reçue par Son Excellence. »

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Le ton est donné. Et, du coup, M le secrétaire d’État s’entiche de la femme de son prisonnier. C’est vrai qu’elle est belle, Nirvah, mais c’est aussi vrai qu’il s’agit finalement de la revanche du Noir sur le Mulâtre. De la revanche du vaudouisant sur cette femme qui regarde cette « superstition » du haut de son regard « civilisé ».

« Elle venait à lui parce qu’elle connaissait peut-être pour la première fois de sa vie les affres de la détresse. Parce qu’elle comprenait enfin que le vent avait tourné et que la suprématie avait changé de couleur et de camp. Elle venait le supplier, sans pudeur, oubliant que dans d’autres circonstances il aurait fait l’objet de son mépris, ou pire, de son indifférence », considère  Raoul Vincent.

Plus nous avançons dans le roman, plus nous voyons le chef des macoutes tisser sa toile sordide autour de la famille Leroy. Nous assistons aussi à tous les renoncements que doit accepter Nirvah pour conserver tant soi peu son train de vie. Et je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue du livre.
L’auteure évite de prendre parti pour ses personnages par le biais d’un roman choral divisé en 51 courts chapitres où prennent la parole successivement Nirvah, Raoul Vincent, Marie, la fille adolescente de Nirvah, et même Daniel Leroy, dont nous lisons le journal secret…
La situation dans laquelle elle se trouve, oblige Nirvah à sortir de son cocon. Elle le fait, nous l’avons vu, quand elle a pris rendez-vous avec le chef de la police. Elle fait aussi en rendant visite à sa voisine, Solange, une bouzen (putain) des macoutes reconvertie en manbo, c’est-à-dire une prêtresse vaudou, chez qui elle va, presque instinctivement, chercher du réconfort.
Un réconfort qu’elle ne trouve point auprès des bourgeois qu’elle côtoie dont Arlette, sa belle-sœur qui la déteste et la considère une parvenue ; Dorothy, Ghislaine…, à l’exception de Maggy, sa meilleure amie, coiffeuse de toutes ces dames, mais ne faisant pas partie de leur monde. Une vraie fresque de la société d’Haïti durant la dictature de Duvalier, ce pays où « personne ne meurt de mort naturelle ».
Chacun des 51 chapitres, à l’exception du journal de Daniel Leroy, est ce que l’on pourrait appeler un monologue intérieur, ponctué parfois de bribes de dialogue.

« — Tu as peur, Voisine ? Tu préfères ne pas me croire pour éloigner ta peur ?
— J’ai peut-être peur, comme cela arrive à tout le monde. Mais je ne vais pas voir l’aile de la mort dans un anolis qui change de couleur ou une poule qui trépasse.
— Et pourtant ce sont des signes bien réels, Voisine. Et il y a des gestes à faire pour conjurer le malheur ou la déveine quand ils nous menacent. As-tu des nouvelles de ton… mari ? »
Pourquoi Solange me parle-t-elle de Daniel, en ce moment ? Sait-elle quelque chose de sa situation ? Avec tous ces macoutes qui fréquentent sa maison, elle doit certainement avoir des informations fiables sur un tas de choses. »

Le style adopté dans le cas de Raoul Vincent est plus particulier car le récit est habituellement à la troisième personne, comme si le secrétaire d’État se regardait du dehors.

« Le secrétaire d’État Raoul Vincent se trouvait assis vis-à-vis de son homologue des Finances et Affaires économiques, Maxime Douville, son rival par excellence. »

Ce « il » ne devient « je » que lorsqu’il est impossible de conserver le sang froid.

« Les salauds ! Les fils de chiennes ! Mon pouvoir est aujourd’hui mis à l’épreuve, devant le Président. Ils veulent me donner une leçon. »

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Ce monde haïtien des années 60, où la frontière entre le bien et le mal s’est effacée, est transcrit en phrases courtes et précises dont le rythme soutenu produit un suspense digne d’un thriller.
Kettly Mars n’oublie pas de nous présenter le contexte historique et social du duvaliérisme, elle le fait principalement dans le journal de Daniel Leroy et dans les paragraphes où nous découvrons la lente ascension de Raoul Vincent vers le pouvoir et ses rapports avec le dictateur et les autres membres du gouvernement.
Tous ces personnages sont, bien évidemment, de symboles de cette époque tragique de l’histoire d’Haïti. Or, Kettly Mars a le talent de leur insuffler un corps et une âme, une chair qui jouit, qui souffre, qui ose et qui craint, et le talent surtout de n’ouvrir aucun jugement de valeur sur leurs agissements.
Saisons sauvages, une nouvelle découverte de cette littérature haïtienne qui regorge de talents. Un roman dont il est difficile de se séparer avant d’avoir tourné la dernière page. Une immersion, en outre, dans ce monde de violence et de corruption que fut la dictature des Duvalier.

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Llamando este artículo Una tragedia haitiana, no empleo tragedia en el sentido habitual del término sino en el sentido griego o raciniano, con personajes que son presas de un destino contre el que nada pueden.
Nirvah, la protagonista de la novela Saison sauvages (Estaciones salvajes), de Kettly Mars,  su marido, Daniel Leroy, periodista de la oposición, encarcelado por organizar un golpe de estado, sus hijos, Marie y Nicolas, y aún Raoul Vincent, hombre fuerte del régimen, jefe de los Tontons Macoutes, por más que crean tener su destino controlado, sólo son las piezas de un sangriento juego de ajedrez. El que mueve las piezas se llama  François Duvalier, Papa Doc, el pequeño médico de barrio vuelto uno de los tiranos más sanguinarios de las Antillas, región que vio más de uno.

« Mes a mes hemos visto los tentáculos de una dictadura cerrarse sobre nuestras vidas, pero era siempre la vida de los otros. Sólo calculamos la verdadera medida del horror en el momento de ser devorados por la mandíbula de esta locura absurda del poder. Antes, son rumores, susurros, un infierno en la otra punta de nuestra cotidianeidad, que preferimos olvidar o negar. Pero cuando tocamos realmente esta realidad, el suelo se abre bajo nuestros pies. »

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Esta novela, un verdadero « page turner », esos libros que nos atrapan de maneta tal que nos mantienen sin aliento hasta la última página, a pesar de su tapa más digna de un Danielle Steele o de un Corín Tellado, y de ciertas situaciones previsibles, esta novela, entonces, es el retrato de una sociedad dominada por un régimen dictatorial, de los pequeños, y a menudo, grandes arreglos que cada uno va a realizar para no perder su tren de vida y su lugar en la sociedad.
Descubrimos también, entre líneas, lo que podríamos considerar como las causas de la desgracia original haitiana, desgracia que explicó tan bien René Depestre :

« (La existencia de dos partidos comunistas en Haití, uno de ellos esencialmente mulato) marcó aún a la izquierda haitiana. En principio la teoría marxista debía permitir trascender, ir más allá de este asunto (de color), pero esto no se hizo. Res como un dato, una constante arraigada en la conciencia del país, en el imaginario haitiano. Esto se debe a la formación histórica de Haití por el hecho de que hubo un mestizaje genético entre los franceses y los haitianos, entre los colonos y los esclavos. Pero no es una fatalidad histórica, es algo que vamos a sobrepasar, ya que los haitianos pudieron vivir, sobre todo estos últimos años, (y pudieron) ver que ya sea un poder negro o un poder mulato, Haití sigue siendo uno de los países más destruidos del planeta, (donde continúan) los mismos despilfarros, la misma ausencia de estado… Algunos creían que hombres, por el hecho de tener la piel negra, como Estimé, Magloire y Duvalier, estarían quizás más cerca del pueblo haitiano, escucharían más los intereses mayores del campesinado y de los trabajadores de Haití. Pero no era el caso porque en el fondo, (el color de la piel) no es el factor determinante de la evolución de un país. Esto forma parte de las representaciones del imaginario de un pueblo. Traté de explicar, sobre todo en mi libro Bonjour et adieu à la négritude (Hola y adiós a la Negritud), como el mito racial se había constituido desde los tiempos de Cristóbal Colón, ya que, es a partir de esa época que se comenzó a tener una percepción de sí mismo, no a partir de las cosas fundamentales del ser sino a partir del significante menos importante que es el color de la piel que expresa más bien la gran diversidad de adaptación de las etnias del planeta a las condiciones climáticas, a las condiciones históricas que (explican) que hay epidermis diferentes, pero que esto no tiene ningún significado moral, ni ético ni estético. Al contrario expresa la feliz diversidad de la condición humana. » (http://ile-en-ile.org/rene-depestre-par-lui-meme/)

Volvamos a la novela de Kettly Mars. Cuando su marido, Daniel Leroy, es secuestrado por los esbirros de Duvalier, Nirvah, una representante de la buena burguesía mulata de Puerto Príncipe, cuyo único pecado es haberse casado con un comunista, decide ir a ver al jefe de la policía política del régimen, Raoul Vincent.

« Desde el minuto en que puse los píes en este edificio, mi tiempo, mi humor, mi vida dependen de la fantasía del Secretario de Estado. Imposible ceder a mis ganas crecientes de rajar de esta sala de espera del Palacio de los Ministerios, cuando por fin obtuve, después de muchos trámites y falsas esperanzas, el favor de ser recibida por Su Excelencia.»

El tono está dado. Y, de golpe, el señor Secretario de Estado se apasione por la mujer de su prisionero. Es verdad que Nirvah es bella, pero también es verdad que se trata de la revancha del negro sobre el mulato. De la revancha de creyente del vudú sobre esta mujer que mira esa “superstición” desde lo alto de su mirada “civilizada”.

« Venía hasta él quizás porque por primera vez en su vida conocía el dolor de la angustia. Porque comprendía por fin que el viento había cambiado de dirección y que la supremacía había cambiado de color y de campo. Venía a suplicar, sin pudor, olvidando que en otras circunstancias, él hubiera sido el blanco de su desprecio, o peor, de su indiferencia », considera Raoul Vincent.  

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Cuanto más avanzamos en la novela, más vemos al jefe de los macoutes tejer su sórdida tela alrededor de la familia Leroy. Asistimos también a todos los renunciamientos que debe aceptar Nirvah para conservar aunque sea un poco de su tren de vida. Y no diré más para no develar la intriga del libro.
La autora evita tomar partido por sus personajes por el intermedio de una novela coral dividida en 51 cortos capítulos en los que toman la palabra sucesivamente Nirvah, Raoul Vincent, Marie, la hija adolescente de Nirvah, et aún Daniel Leroy, de quien leemos el diario secreto…
La situación en la que se encuentra, obliga a Nirvah a salir de su caparazón. Lo hace, lo hemos visto, cuando se reúne con el jefe de policía. Lo hace también cuando visita a su vecina, Solange, una bouzen (puta) de los macoutes vuelta manbo, es decir sacerdotisa vudú, cerca de quien, casi instintivamente, va a buscar consuelo.
Un consuelo que no encuentra de ninguna manera cerca de las burguesas que frecuenta entre las cuales Arlette, su cuñada que la detesta y la considera una venida a más, Dorothy, Ghislaine…, exceptuando a Maggy, su mejor amiga, peluquera de todascesas damas, pero que no pertenece a su mundo. Un verdadero fresco de la sociedad de Haití durante la dictadura de Duvalier, ese país donde « nadie muere de muerte natural ».
Cada uno de los 51 capítulos, salvo el diario de Daniel Leroy, es lo que podría llamarse un monólogo interior, puntuado a veces por trozos de diálogo.

« — ¿Tenés miedo, Vecina? ¿Preferís no creerme para alejar tu miedo?
— Quizás tenga miedo, como le ocurre a todo el mundo. Pero no voy a ver el ala de la muerte en un anolis (lagarto) que cambia de color o en una gallina que se muere.
— Y sin embargo son signos bien reales, Vecina. Hay gestos para conjurar la desgracia o la mala suerte cuando nos amenazan. ¿Tenés noticias de tu… marido?
¿Por qué Solange me habla de Daniel en este momento? ¿Sabe algo sobre su situación? Con todos esos macoutes que frecuentan su casa, debe tener seguramente informaciones fiables sobre una cantidad de cosas.”

El estilo adoptado en el caso de Raoul Vincent es más particular ya que el relato está habitualmente en tercera persona, como si el Secretario de Estado se mirara desde afuera.

« El Secretario de Estado Raoul Vincent se encontraba sentado frente a su homólogo de Finanzas y Asuntos económicos, Maxime Douville, su rival por excelencia. »

Este « el » sólo se vuelve «yo » cuando es imposible conservar la sangre fría.

« ¡Bastardos! ¡Hijos de perra! Mi poder está hoy puesto a prueba, delante del Presidente. Quieren darme una lección. »

Este mundo haitiano de los años 60, en el que la frontera entre el bien y el mal se ha borrado, es trascripto en frases cortas y precisas cuyo ritmo sostenido produce un suspenso digno de un thriller.
Kettly Mars no olvida presentarnos el contexto histórico y social del duvalierismo, lo hace principalmente en el diario de Daniel Leroy y en los párrafos en los que descubrimos el lento ascenso de Raoul Vincent hacia el poder y sus relaciones con el dictador y los otros miembros del gobierno.
Todos estos personajes son, evidentemente, símbolos de esta época de la historia de Haití, Kettly Mars, empero, tiene el talento de insuflarles un cuerpo y un alma, una carne que goza, que sufre, que se atreve y que teme, y, sobre todo, de no abrir ningún juicio de valor sobre sus acciones.
Saisons sauvages (Estaciones salvajes), un nuevo descubrimiento de esta literatura haitiana colmada de talentos. Una novela de la que es difícil separarse antes de haber llegado a la última página. Una inmersión, además, en ese mundo de violencia y de corrupción que fue la dictadura de los Duvalier.

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