J’aurais bien aimé… – Me habría gustado…

 

oies_vol_1Je ne crois pas être une exception si j’avoue que j’aurais aimé faire une bonne quantité de métiers ou d’activités que je n’ai jamais réalisé, que j’aurais bien aimé découvrir tant de choses que je ne verrai peut-être jamais.

J’aurais bien aimé être peintre. À quinze ans, d’ailleurs, je copiais Modigliani et un peu plus tard, je pondais des tableaux abstraits en écoutant du Beethoven !

J’aurais bien aimé être chanteur. J’ai pris, il y a très longtemps, des cours de chant avec une excellente professeure, Marta Millán, et j’ai même poussé la chansonnette sur scène à deux reprises, en 1980 su théâtre Cervantès de Buenos Aires, et puis, en 1984, à l’Alliance Française de Mar del Plata. Mais j’ai dû me rendre bientôt à l’évidence, mes talents plus que limités ne feraient jamais de moi un vrai chanteur !

J’ai été acteur, et même metteur en scène, durant un certain temps et j’en garde un souvenir lumineux. Et des amis très chers.

J’aurais bien aimé être menuisier. S’il y a au monde un matériau qui me tient au cœur, c’est bien le bois. Chaque fois que j’ai bricolé chez moi des petites choses en bois, j’ai ressenti un immense plaisir.

J’aurais bien aimé être historien, mais surtout archéologue. Quand je regarde, par exemple, dans un documentaire, les archéologues qui font apparaître, à l’aide de leurs petites brosses, une momie celte au beau milieu d’un désert de la Chine, je me mets à leur place, je me dis que j’adorerais être là !

Les voitures et les motos ne me disent absolument rien, par contre, j’aurais bien aimé savoir naviguer, surtout sur un voilier.

J’aurais aimé voyager bien plus que je ne l’ai fait. Bien que je ne puisse pas me plaindre sur ce sujet, j’aurais bien aimé connaître Barcelone, Prague et Venise ainsi que Dakar, Ouagadougou et Tombouctou. Un jour peut.-être…

Or, sauf quelques épisodes isolés et purement alimentaires où j’ai été vendeur ou concierge de nuit dans un hôtel, je n’exerce depuis des années qu’un métier qui me passionne et qui m’enrichit de jour en jour. Je suis professeur de français, cette belle langue dont je découvre encore aujourd’hui les multiples couleurs.

J’aurais bien aimé, j’aurais bien aimé…, mais un jour, il y a très longtemps, je suis certain d’avoir bien choisi le chemin que j’allais prendre.

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No creo ser una excepción si confieso que me habría gustado realizar una gran cantidad de oficios o de actividades que nunca hice, que me habría gustado descubrir muchas cosas que quizás no vea nunca.

Me habría gustado ser pintor. A los quince años, por otra parte, copiaba a Modigliani y un poco más tarde, ¡creaba cuadros abstractos mientras escuchaba a Beethoven!

Me habría gustado ser cantante. Tomé, hace mucho tiempo, clases de canto con una excelente profesora, Marta Millán, y aún, y llegué a cantar en escena en dos oportunidades, en 1980, en el Teatro cervantes de Buenos Aires, y luego, en 1984, en la Alianza Francesa de Mar del Plata. Pero tuve que rendirme pronto a la evidencia, ¡mis talentos más que limitados no harían nunca de mí un cantante verdadero!

Fui actor, y aún director escénico, durante un cierto tiempo y guardo de ello un recuerdo luminoso. Y amigos muy queridos.

Me habría gustado ser carpintero. Si hay en el mundo un material que me conmueve es la madera. Cada vez que fabriqué en casa algunas cositas de madera sentí un inmenso placer.

Me habría gustado ser historiador, pero sobre todo arqueólogo. Cuando miro, por ejemplo, en un documental, a los arqueólogos que hacen aparecer, con la ayuda de sus cepillitos, una momia celta en medio de un desierto de China, me pongo en su lugar, ¡me digo que me encantaría estar allí!

Los coches y las motos no me interesan en absoluto, por lo contrario, me habría gustado saber navegar, sobre todo un velero.

Me habría gustado viajar mucho más de lo que lo he hecho. Por más que no puedo quejarme sobre el tema, me habría gustado conocer Barcelona, Praga y Venecia así como Dakar, Uagadugú y Tombuctú. Un día quizás…

Empero, salvo algunos episodios aislados y puramente alimentarios en los que fui vendedor o portero nocturno en un hotel, sólo ejerzo desde hace años un oficio que me apasiona y me enriquece día a día. Soy profesor de francés, esta bella lengua cuyos múltiples colores descubro aún hoy.

Me habría gustado, me habría gustado…, pero un día, hace mucho tiempo, estoy seguro de haber elegido bien el camino que iba a seguir.

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Tel un étranger, j’étais chez moi – Como un extranjero, estaba en casa

Baldwin10Je ne suis pas votre Nègre
Documentaire de Raoul Peck (2017)

« L’histoire du Noir en Amérique, c’est l’histoire de l’Amérique et ce n’est pas une belle histoire », James Baldwin

Il y a quelques années déjà, je publiai un article sur le grand écrivain et activiste noir américain, James Baldwin.
Je viens aujourd’hui de découvrir le saisissant documentaire que lui consacre le réalisateur haïtien Raoul Peck, Je ne suis pas votre Nègre (I am not your negro).
Le point de départ de ce film est un manuscrit inachevé de Baldwin, Souvenez-vous de cette maison (Remember this house) où il dresse l’histoire et ses souvenirs de trois figures fondamentales de la lutte pour les droits civiques, Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King, dont l’écrivain noir fut l’ami et qui moururent tous les trois assassinés.
Raoul Peck (Lumumba, Quelques jours en avril), considérant que l’œuvre de Baldwin avait été longtemps occulté, a voulu remettre à la lumière cette parole urgente et fondamentale pour comprendre le monde actuel.
Et c’est justement cela qui saute aux yeux devant Je ne suis pas votre Nègre, l’actualité absolue de la parole de James Baldwin, actualité que Peck souligne adroitement au moyen d’archives  récentes des violences faites aux Noirs aux États-Unis ainsi que des manifestations du mouvement Black Lives Matter.
https://www.youtube.com/watch?v=CG7nMeJVsH0

Une autre référence à l’actualité, l’élection de Barak Obama, le premier président noir des États-Unis et les paroles de Bob Kennedy en 1965 sur l’éventualité d’un président noir : « Je me souviens quand l’ancien ministre de la justice, M Robert Kennedy, a dit qu’il était possible que nous ayons dans quarante ans un président noir en Amérique. Pour les Blancs, cette déclaration était très émancipée. Mais ils n’étaient pas à Harlem quand elle fut prononcée. Ils n’ont pas entendu les ricanements d’amertume et de dédain qui accueillirent ces mots. Cela fait quatre cents ans que nous sommes là et maintenant, il nous dit que peut-être dans quarante ans, si vous êtes sages, on vous laissera devenir président ».
Peck construit son film exclusivement sur la base des mots de James Baldwin, illustrés par toute une série d’archives dont, bien évidemment, des interventions émouvantes de l’écrivain à la télévision, mais aussi des images des longues luttes pour les Droits civiques ainsi que des extraits de films où l’on voit le rôle octroyé aux Noirs par Hollywood opposé à l’idéalisation d’un American dream strictement WASP (White Anglo Saxon Protestant) qui dressent une fresque brutale de l’oppression et l’injustice., une claire démonstration que la parole de James Baldwin n’a rien perdu de sa valeur car le racisme congénital des États-Unis est encore son pire ennemi du moment que les mensonges fondateurs du pays sur le massacre des Amérindiens et sur l’esclavage des Noirs ne seront pas exposés en plein jour.
« J’ai senti qu’on était dans un monde qui s’immolait dans l’ignorance, qui s’immolait dans les fractures, dans le racisme. J’ai senti la nécessité de faire revenir cette voix », exprimait Raoul Peck dans un entretien réalisé sur ARTE le 25 avril 2017.
L’une des images choc, parmi tant d’autres, de Je ne suis pas votre Nègre, celle de Dorothy Count, une jeune lycéenne noire de 15 ans qui essaie de se frayer un passage entourée d’une horde de jeunes Blancs vociférant leur haine.
C’est d’ailleurs l’affaire Dorothy Counts qui poussa James Baldwin à rentrer dans son pays natal pour, selon lui, y payer ses dettes.

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« Je suis rentré chez moi, il y avait beaucoup d’illusions dans ce chez moi, mais aussi beaucoup de vérité. À présent, tel un étranger, j’étais chez moi », écrivit l’auteur américain.
Au moyen des textes et de la parole de James Baldwin, Je ne suis pas votre Nègre nous dit qu’un État, en maltraitant les siens, est voué à la catastrophe et, donc, que le salut ne se trouve que dans la fraternité.
https://www.youtube.com/watch?v=04UwVEAuC74

Mais qui était donc James Baldwin, figure majeure de la littérature afro-américaine que le magistral documentaire de Raoul Peck sort d’un certain oubli où il était tombé ?
Né en 1924, à Harlem, d’un père inconnu, c’est son beau-père, le prédicateur David Baldwin qui lui donne son nom et l’éduque malgré le mauvais rapport qu’ils ont.
Adolescent, il passe des soirées entières à lire à la bibliothèque et se met bientôt à écrire, ce qui déplait au pasteur Baldwin.
Sa professeure Orilla Miller ose le soutenir et même mettre en scène une pièce qu’il a écrite. « C’est en partie parce qu’elle arriva très tôt dans ma terrible vie que je me suis toujours gardé de vouer de la haine aux Blancs », dira plus tard l’écrivain.
En 1948, les préjugés racistes et homophobes qu’il subit, ainsi que le suicide d’un de ses amis, l’obligent à quitter les États-Unis et à s’installer en France.
« À partir de ce décès, j’eus peur de l’idée même de devoir endurer d’autres morts. Je craignais que la haine et le désir de vengeance n’atteignent chez moi des proportions incontrôlables, et que ma fin, même si je ne devais pas mourir physiquement, ne soit infiniment plus horrible que le suicide de mon ami », écrira Baldwin.
https://www.youtube.com/watch?v=QCW06WHn-08

Il écrit aussi : « En ce qui me concerne, je pense que mon exil parisien me sauva la vie, en confirmant quelque chose que les Américains semblaient avoir beaucoup de mal à accepter. C’est-à-dire, tout simplement ceci : un homme n’est pas un homme tant qu’il ne peut ni ne veut accepter sa propre vision du monde, même s’il existe une différence radicale entre cette vision et celle des autres ».

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En 1953, Baldwin publie son premier roman Tell it on the mountain (La Conversion) et deux ans plus tard, un recueil d’essais sous le titre de Notes of a Native Son (Chroniques d’un pays natal).
Le succès international, ainsi que le scandale arrivent avec le roman Giovanni’s room (La chambre de Giovanni), paru en 1956. Un roman qui raconte les amours homosexuels de David et Giovanni dans le Paris des années 50.
En 1957, James Baldwin rentre aux États-Unis, choqué par l’affaire Dorothy Counts et désireux de participer aux luttes pour les Droits civiques. En 1958, à Montgomery, il rencontre Martin Luther King :
« Il vous charme immédiatement, puissamment, mais il ne donne pas l’impression d’être particulièrement extraverti ou chaleureux. Sa retenue n’est pas, cependant, du genre froid, maladroit et agaçant qu’on trouve chez tant de Noirs devenus célèbres, qui ont laissé leurs aspirations et leur notoriété détruire leur identité et qui semblent sans cesse s’adonner à une imitation douteuse de quelque très improbable homme blanc ».
https://www.youtube.com/watch?v=euJ-yrZMf4k&t=434s

En 1962, Balwin publie un nouveau roman, Another country (Un autre pays) et un an plus tard un essai, The fire nex time (La prochaine fois, le feu), cité dans le documentaire de Raoul Peck :
« La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera une recette de meurtre. Ceci est une loi absolue. Si on laisse quelqu’un faire subir un traitement particulièrement défavorable à un groupe quelconque d’individus en raison de leur race, ou de leur couleur de peau, on ne saurait fixer des limites aux mauvais traitements dont ils seront l’objet et, puisque la race entière a été condamnée pour des raisons mystérieuses, il n’y a aucune raison pour ne pas essayer de la détruire dans son intégralité. C’est précisément ce que les nazis auraient voulu accomplir. (…)
J’ai beaucoup à cœur de voir les Noirs conquérir leur liberté aux États-Unis. Mais leur dignité et leur santé spirituelle me tiennent également à cœur et je dois m’opposer à toute tentative des Noirs de faire à d’autres ce qu’on leur a fait ».

Par rapport à cet ouvrage, Alain Mabanckou, qui a publié une Lettre à Jimmy, adressée à Baldwin, nous dit dans son blog du 19 août 2006 :
« On croit entendre Martin Luther King, lorsque Baldwin écrit :
‘’Bref, nous autres, les Blancs et les Noirs, avons profondément besoin les uns des autres si nous avons vraiment l’intention de devenir une nation, si nous devons, réellement veux-je dire, devenir nous-mêmes, devenir des hommes et des femmes adultes’’. Pour en arriver à une telle conclusion, James Baldwin ne se prive pas de donner une leçon d’histoire à la société blanche qui croit que le Noir serait sorti de la cuisse à Jupiter :’’ Je ne suis pas sous la tutelle des États-Unis. Je suis un des premiers Américains à être arrivés sur ces rives’’. Et de retracer le passé, ‘’le passé du Noir, ce passé de corde, de feu ; de torture, de castration, d’infanticide, de viol ; de peur, jour et nuit…’’ »
Pour continuer : « Baldwin démêle la question de ‘’couleur’’ pour en arriver au constat suivant, les sociétés actuelles confrontées au racisme devraient d’ailleurs s’en inspirer : ‘’Humainement, personnellement, la couleur n’existe pas. Politiquement, elle existe. Mais c’est là une distinction si subtile que l’Ouest n’a pas encore été capable de la faire’’ »

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Il écrit par la suite, d’autres romans, L’homme qui meurt, Si Beale street pouvait parler… Le dernier Just above my head (Harlem Quartet), publié en 1972, est d’une étonnante actualité :
« Je voyageais avant l’époque des systèmes de surveillance électronique, avant l’arrivée des pirates de l’air et des terroristes. Arrivée pour laquelle les gens au pouvoir n’ont à blâmer qu’eux-mêmes. Qui a multiplié les actes de piraterie plus que l’Angleterre, par exemple, ou encore, qui est plus doué que mon malheureux pays pour semer la terreur. Oui, je sais, néanmoins, les enfants, que la roue tourne et la vérité revient à son maître. Un terroriste est ainsi qualifié parce qu’il n’a ni le pouvoir ni le soutient de l’État et c’est pourquoi il est terroriste. Mais quand l’État domine, il change les règles du jeu et tous les moyens deviennent légitimes pour que la terreur prenne une forme légale. C’est ainsi que Franco est resté longtemps au pouvoir et c’est indéniablement vrai en ce qui concerne l’Afrique du Sud. Jamais personne n’a traité le défunt J. Edgar Hoover de terroriste bien que ce fut précisément ce qu’il était. Et si quiconque souhaite, dans ce contexte, parler de valeurs de « civilisation », de « démocratie » ou de « moralité », alors vous excuserez bien ce pauvre Nègre s’il met sa main sur sa bouche, ricane et se paye votre tête : j’ai subi votre moralité depuis si longtemps que je rampe encore pour me sortir péniblement de ce tas de merde. Tout ce qu’un esclave peut apprendre de son maître, c’est comment devenir un bon esclave. Et il n’y a là aucune morale ».

James Baldwin meurt en 1987, à Saint-Paul-de-Vence, en France.

30 ans après sa mort, sa voix résonne encore avec toute sa force, toute sa douleur et toute son actualité car dans le monde le racisme et l’intolérance augmentent.

Deux grands écrivains noirs, l’un haïtien, Dany Lafferrière, l’autre congolais et que nous avons déjà cité, Alain Mabanckou, ont rendu hommage à James Baldwin.

Mabanckou publie en 2007 Lettre à Jimmy, où il s’adresse directement à Baldwin :
« …C’est aux anciens colonisés d’Afrique noire francophone que tu auras parlé en particulier, Cher Jimmy. Parce que ce sont sans doute les seuls qui (…) sont restés sur les quais des gares, bernés, leurrés, regardant circuler des trains fantômes, criant à la malédiction de Cham. (…)
Non pas pour les « flageller », mais pour leur dire que l’attitude de l’éternelle victime ne pourra plus longtemps absoudre leur mollesse, leurs tergiversations. (…)
Il ne suffit plus que je me dise Nègre pour que dans la mémoire de l’Autre défilent des siècles d’humiliations que les miens ont subies. Il ne suffit plus, Cher Jimmy, que je me dise originaire du Sud pour exiger du Nord le devoir d’assistance dans son élan de tiers-mondiste car je sais depuis que l’assistance n’est que le prolongement subreptice de l’asservissement, et il y a longtemps qu’être Noir ne veut plus rien dire, à commencer par les hommes de couleur eux-mêmes.
Frantz Fanon achève d’ailleurs Peau noire, masques blancs en des termes qui devraient nous inspirer dans la lecture de notre condition : « Je ne veux pas être la victime de la Ruse d’un monde noir. Ma vie ne doit pas être consacrée à faire le bilan des valeurs nègres. Je ne suis pas le prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée… Dans le monde où je m’achemine, je me crée interminablement » (…) »

Quant à Dany Laferrière, il s’exprime ainsi sur Baldwin :
« Le miracle, c’est que le jeune homme de Harlem, maigrichon avec des yeux globuleux et une intelligence effrayante, soit devenu l’intellectuel le plus intrépide de sa génération, par l’audace de ses réflexions et le feu qu’il infuse à ses phrases. (…) Sa force réside dans cet effort désespéré de comprendre l’autre. (…) Baldwin, c’est le plus important, c’est lui qui a tenté de traverser les frontières, c’est le seul qui aurait pu trouver un chemin. Après lui, cela a continué, l’Amérique blanche et l’Amérique noire, deux solitudes. On le voit avec les jeunes rappeurs, pourtant Baldwin les avait prévenus, personne ne sortira tout seul de cet histoire ».

Pour finir des mots, pourrait-on dire prémonitoires de James Baldwin lui-même :
« Évidemment vous n’avez jamais amené vos esclaves sur votre sol. Mais cela se produit maintenant pour la première fois : vous êtes en train de faire exactement la même chose que les Américains. Vous avez un Harlem à Paris, et un Harlem à Marseille, aussi stupides et aussi racistes que ceux que nous avons. La même chose va arriver parce que vous croyez que vous êtes blancs. Vous obtiendrez peut-être de la musique à la fin de tout ça, mais cela reviendra cher ».
La prochaine fois, le feu.

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No soy tu negro
Documental de Raoul Peck (2017)

« La historia del negro en Estados Unidos, es la historia de los Estados Unidos y no es una linda historia », James Baldwin

Hace ya unos años, publiqué un artículo sobre el gran escritor y activista negro norteamericano James Baldwin.
Acabo hoy de descubrir el sobrecogedor documental que le consagra el realizador haitiano Raoul Peck, No soy tu negro (I am not your negro).
El punto de partida es un manuscrito inconcluso de Baldwin, Recuerden esta casa (Remember this house) en el que plasma la historia y sus recuerdos de tres figuras fundamentales de la lucha por los derechos cívicos, Medgar Evers, Malcolm X y Martin Luther King, de quienes el escritor negro fue amigo y que murieron asesinados.
Raoul Peck (Lumumba, Algunos días en abril), considerando que la obra de Baldwin fue ocultada durante largo tiempo, quiso volver a la luz del día esta palabra urgente y fundamental para entender el mundo actual.
Esto es justamente lo que salta a la vista ante No soy tu negro, la actualidad absoluta de la palabra de Baldwin, actualidad que Peck subraya diestramente opor medio de archivos recientes de las violencia cometidas contra los jóvenes negros en los Estados Unidos así como de las manifestaciones del movimiento Black Lives Matter.
Otra referencia a la actualidad, la elección de Barak Obama, el primer presidente negro de los Estados Unidos y la palabras de Bob Kennedy en 1965 sobre la eventualidad de un presidente de color: « Recuerdo cuando el ex ministro de Justicia, el Sr. Robert Kennedy, dijo que era posible que dentro de cuarenta años tuviéramos un presidente negro en Norteamérica. Para los blancos, esta declaración era muy emancipada. Pero no estaban en Harlem cuando fue pronunciada. No oyeron las risotadas de amargura y de desdén que recibieron esas palabras. Hace cuatrocientos años que estamos aquí y ahora, nos dice que quizás dentro de cuarenta años, si nos portamos bien, nos dejará ser presidente ».
Peck construye su film exclusivamente sobre la base de las palabras de James Baldwin, ilustradas por toda una serie de archivos entre las cuales, evidentemente, las intervenciones conmovedoras del escritor en la televisión, así como imágenes de las largas luchas por los Derechos Cívicos y fragmentos de películas en los que se ve el papel otorgado a los negros por Hollywood opuesto a la idealización de un American dream estrictamente WASP (White Anglo Saxon Protestant) que crean un fresco brutal de la opresión y la injusticia, una clara demostración de que la palabra de James Baldwin nada ha perdido de su valor ya que el racismo congénito de los Estados Unidos es todavía su peor enemigo hasta que las mentiras fundadoras del país sobre el masacre de los amerindios y la esclavitud de los negros no se expongan a la luz del día.
« Sentí que estábamos en un mundo que se inmolaba en la ignorancia, que se inmolaba en las fracturas, en el racismo. Sentí la necesidad de hacer volver esta voz », expresaba Raoul Peck en una entrevista realizada por ARTE el 25 de abril de 2017.
Una de las imágenes fuertes, entre tantas otras, de No soy tu negro, la de Dorothy Count, una joven colegial negra de 15 años que trata de abrirse paso rodeada por una horda de de jóvenes blancos que vociferan su odio.
Por otra parte, el caso Dorothy Counts forzó a James Baldwin a volver a su país natal para, según él, pagar sus deudas.
« Volví a casa, había muchas ilusiones en ese a casa, pero también mucha verdad. Ahora, como un extranjero, estaba en casa », escribió el autor norteamericano.

Por medio de los textos y de las palabras de James Baldwin, No soy tu negro nos dice que un estado, al maltratar a los suyos, está signado por la catástrofe y, por ende, que la salvación sólo se encuentra en la fraternidad.
https://www.youtube.com/watch?v=cNI1seYDW6M

¿Pero quién era James Baldwin, figura mayor de la literatura afro-americana a quien el magistral documental de Raoul Peck saca de un cierto olvido en el que había caído?
Nacido en 1924, en Harlem, de un padre desconocido, fue su padrastro, el predicador David Baldwin, quien le da su nombre y lo educa a pesar de la mala relación que los une.
Siendo adolescente, pasa tardes enteras leyendo en la biblioteca y pronto se pone a escribir, lo que le disgusta mucho al pastor Baldwin.
Su profesora Orilla Miller se Atreve a apoyarlo y aún pone en escena una obra que escribió. « Es en parte porque ella llegó muy temprano a mi vida terrible que siempre me cuidé de sentir odio por los blancos», dirá más tarde el escritor.
En 1948, los prejuicios racistas y homofóbicos que sufre, así como el suicidio de uno de sus amigos, lo obligan a abandonar los Estados Unidos y a instalarse en Francia.
« A partir de esta muerte, tuve miedo de la idea misma de deber soportar otras muerte,. Temía que el odio y el deseo de venganza alcanzaran en mi proporciones incontrolables, y que mi final, aún si no debía morir físicamente, no fuera infinitamente más horrible que el suicidio de mi amigo », escribirá Baldwin.
https://www.youtube.com/watch?v=QCW06WHn-08

Escribe también : « En lo que a mí concierne, pienso que mi exilio parisino me salvó la vida, confirmando algo que los Norteamericanos parecen tener muchas dificultades en aceptar. Es decir, muy simplemente esto: un hombre no es un hombre hasta tanto no puede aceptar su propia visión del mundo, aún si existe una diferencia radical entre esta visión y la de los otros ».
En 1953, Baldwin publica su primera novela Tell it on the mountain (Ve y dilo en la montaña) y dos años más tarde, un conjunto de ensayos bajo el título de Notes of a Native Son (Notas de un hijo nativo
El éxito internacional, así como el escándalo llegan con la novela Giovanni’s room (El cuarto de Giovanni), aparecida en 1956. Una novela que relata los amores homosexuales de David y Giovanni en el París de los años 50.
En 1957, James Baldwin vuelve a los Estados Unidos, conmovido por el caso Dorothy Counts y deseoso de participar en las luchas por los Derechos Cívicos. En 1958, en Montgomery, encuentra a Martin Luther King :
« Nos seduce inmediatamente, poderosamente, pero no da la impresión de ser particularmente extravertido o cálido. Su retención no es, sin embargo, del tipo frío, torpe y molesto que se encuentra en algunos negros que se han vuelto célebres, que han dejado sus aspiraciones y su notoriedad destruir su identidad y que parecen abocarse sin cesar a una imitación dudosa de algún improbable hombre blanco».
En 1962, Balwin publica una nueva novela, Another country (Otro país) y un año después un ensayo, The fire nex time (La próxima vez, el fuego), citado en el documental de Raoul Peck :
« La glorificación de una raza y la denigración corolaria de otra o de otras ha sido siempre y será una receta de crimen. Esto es una ley absoluta. Si se déjà a alguien hacer soportar un tratamiento particularmente desfavorable a un grupo cualquiera de individuos en razón de su raza, o de su color de piel, no se podrían fijar límites a los malos tratos que sufrirán y, ya que la raza entera ha sido condenada por razones misteriosas, no hay ninguna razón para no tratar de destruirla en su integralidad. Es precisamente lo que los nazis hubieran querido realizar. (…)
Me importa mucho ver a los negros conquistar su libertad en los Estados Unidos. Pero su dignidad y su salud espiritual también me importan y debo oponerme a toda tentativa de los negros por hacer a otros lo que les han hecho a ellos ».

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Con respecto a este trabajo, Alain Mabanckou, que publicó una Carta a Jimmy, dirigida a Baldwin, nos dice en su blog del 19 de agosto de 2006:
« Creemos oír a Martin Luther King, cuando Baldwin escribe:
‘’En resumen, los blancos y los negros nos necesitamos profundamente los unos a los otros si tenemos realmente la intención de volvernos una nación, si debemos, realmente quiero decir, volvernos nosotros mismos, volvernos hombres y mujeres adultos’’. Para llegar a tal conclusión, Baldwin no se priva de dar una lección de historia a la sociedad blanca que cree que el negro habría salido de la nalga de Júpiter: ‘’No estoy bajo la tutela de los Estados Unidos. Soy uno de los primeros norteamericanos en haber llegado a estas riberas’’. Y retrata el pasado, ‘’el pasado del negro, este pasado de soga, de fuego, de tortura, de castración, de infanticidio, de violación; de miedo, noche y día…’’  »
Siguiendo: « Baldwin desentraña la cuestión de « color » para llegar a la conclusión siguiente, las sociedades actuales confrontadas al racismo, deberían por otra parte inspirarse en ella : ‘’Humanamente, personalmente, el color no existe. Políticamente, existe. Pero es una distinción tan sutil que el Oeste no ha sido aún capaz de hacerla’’. »

Escribe luego otras novelas, el hombre que muere, Blues de la calle Beale… La última Just above my head (Justo debajo de mi cabeza), publicada en 1972, es de una asombrosa actualidad:
« Yo viajaba antes de los sistemas de vigilancia electrónica, antes de la llegada de los piratas del aire y de los terroristas. Llegada por la que la gente en el poder sólo se debe culpar a si misma. Quién multiplicó los actos de piratería más que Inglaterra, por ejemplo, o aún, quien está más capacitado que mi desgraciado país para sembrar el terror. Sí, lo se, sin embargo, chicos, que la rueda y la verdad vuelven a su amo. Un terrorista es así llamado porque no tiene ni el poder ni el apoyo del Estado y por ello es terrorista. Pero cuando el Estado domina, cambia las reglas del juego y todos los medios se vuelven legítimos para que el terror tome forma legal. Es así como Franco permaneció tanto tiempo en el poder y es innegablemente verdadero en lo que concierne a África del Sur. Nunca nadie trató al difunto J.Edgar Hoover de terrorista aunque eso fue precisamente lo que era. Y si cualquiera desea, en este contexto, hablar de valores de ‘’civilización’’, de ‘’democracia’’ o de ‘’moralidad’’, entonces disculparán a este pobre negro si se tapa la boca con la mano, se ríe y se burla de ustedes: he soportado la moralidad de ustedes tanto tiempo que repto aún para salir de ese montón de mierda. Todo lo que un esclavo puede aprender de su amo, es como volverse un buen esclavo. Y allí no hay ninguna moral ».

James Baldwin muere en 1987 en Saint-Paul-de-Vence, Francia.

30 años después de su muerte, su voz resuena aún con toda su fuerza, con todo su dolor y toda su actualidad ya que en el mundo crecen el racismo y la intolerancia.

Dos grandes escritores negros, uno haitiano, Dany Laferrière, el otro congoleño y que ya hemos citado, Alain Mabanckou, han rendido homenaje a James Baldwin.

Mabanckou publica en 2007 Carta a Jimmy en la que se dirige directamente a Baldwin:
« …Has hablado particularmente, Querido Jimmy, a los ex colonizados del África negra francoparlante. Porque son sin dudas los únicos que (…) se quedaron en los andenes de las estaciones, engañados, timados, mirando circular trenes fantasmas, gritando por la maldición de Cham. (…)
No para ‘’flagelarlos’’, pero para decirles que la actitud de víctima eterna no podrá absolver por mucho tiempo su blandura, sus tergiversaciones. (…)
No basta con que yo me diga negro para que desfilen en la cabeza del Otro los siglos de humillaciones que soportaron los míos. Ya no basta, Querido Jimmy, con que yo me diga originario del Sur para exigir del Norte el deber de asistencia en su impulso de tercermundista ya que se desde hace tiempo que la asistencia sólo es la prolongación subrepticia de la servidumbre, y hace tiempo que negro ya no quiere decir nada, empezando por los mismos hombres de color.  
Frantz Fanon termina, por otra parte, Piel negra, máscaras blancas con términos que deberían inspirarnos para la lectura de nuestra condición: ‘’No quiero ser víctima del Ardid de un mundo negro. Mi vida no debe consagrarse a hacer el balance de los valores negros. No soy el prisionero de la Historia. No debo buscar en ella el sentido de mi destino… En el mundo en el que camino, me creo a mi mismo interminablemente’’»

En cuanto a Danny Laferrière, así se expresa sobre Baldwin:
«El milagro fue que el joven de Harlem, delgaducho con ojos globulosos y una asombrosa inteligencia, se haya vuelto el intelectual más intrépido de su generación, por la audacia de sus reflexiones y el fuego que infunde a sus frases. (…) Su fuerza reside en ese esfuerzo desesperado por entender al otro. (…)Baldwin, esto es lo más importante, intentó atravesar las fronteras, fue el único que habría podido encontrar un camino. Después de él, todo siguió, América blanca y América negra, dos soledades. Lo vemos en los jóvenes raperos, sin embargo Baldwin les había prevenido, nadie saldrá solo de esta historia».

Para terminar palabras, podría decirse premonitorias, del propio James Baldwin :
“Evidentemente no trajeron ustedes a sus esclavos a su tierra. Pero esto se produjo ahora por vez primera: están haciendo exactamente lo mismo que los norteamericanos. Tienen un Harlem en París, y un Harlem en Marsella, tan estúpidos y tan racistas como los que tenemos nosotros. Lo mismo va a ocurrir ya que ustedes creen que son blancos. Al final de todo quizás vayan a obtener música, pero les costará caro”.

La próxima vez, el fuego.

XIV Congrès national des professeurs de de Mendoza (11) – Au sommet!

SOUS LES PISTES D’ITALO CALVINO
OU LA CLASSE DE FLE HORS LES MURS
Vanessa MASSONI DA ROCHA Universidade Federal Fluminense vanessamassonirocha@gmail.com

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Résumé
Dans un monde de plus en plus connecté, la place des TICE au domaine pédagogique s’avère enrichissante voire incontournable. A présent, une salle de classe de FLE vouée à la réussite doit imbriquer le monde en réseau où nous sommes tous plongés aux pratiques mises en place au sein éducatif. Dans ce sens, les pratiques d’enseignement-apprentissage du FLE ont largement transposé les limites physiques institutionnelles pour aller à la rencontre des étudiants bien au-delà de ces murs. A ce sujet, l’écrivain italien Italo Calvino préconise, dans son ouvrage Leçons américaines : aide-mémoire pour le prochain millénaire (1985), six valeurs qu’il voudrait transmettre au prochain millénaire, à savoir : la légèreté, la rapidité, l’exactitude, la visibilité, la multiplicité et la consistance. Cette communication se consacre à répondre, à lumière des propositions de Calvino, à une question impérative dans le contexte actuel : le rôle des TICE ne serait-il pas en soi-même un référentiel indispensable de notre contemporanéité ? En d’autres mots, il s’agit d’analyser la place et les rôles des TICE à partir d’exemples pédagogiques réussis et inventifs et d’une analyse théorique capable d’aider les professeurs à faire face aux nouveaux défis qui s’imposent à la plénitude des apprentissages de FLE.

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Vanessa Massoni Da Rocha est professeure de littérature, donc très attachée au texte. Elle a mis tout d’abord en exergue une phrase du grand poète portugais Fernando Pessoa, « Il es nécessaire de naviguer ».
Et puis, elle a expliqué que l’écrivain italien Italo Calvino exprimait sa manière de regarder le monde.

En 1985, Calvino réalisa des conférences autour de la littérature et ses valeurs où il analysait les vertus suivantes :
-la légèreté,
-la rapidité,
-l’exactitude,
-la visibilité,
-la multiplicité,
-la consistance.

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Après la mort de l’auteur, les conférences ont été publiées en 1986 sous le titre de « Leçons américaines ». La dernière, sur le thème de la consistance, qui n’a jamais eu lieu, est la partie inédite de ce livre posthume de Calvino, circonscrit en principe au domaine littéraire mais qui n’a pas tardé à faire écho dans d’autres domaines académiques. Il pourrait servir de livre de chevet aux chefs d’entreprise aussi bien qu’aux étudiants de littérature.
Visionnaire, l’écrivain a saisi les forces motrices du XXIe siècle.

Ceci peut être tenu en compte dans notre regard sur l’actualité. Dans ce sens, dans le domaine pédagogique en général, dans les démarches qui valorisent la technologie de l’information et de la communication pour l’enseignement, en particulier, une question centrale se présente : À la lumière des propositions de Calvino, le rôle des TICE ne serait-il pas en soi-même un référentiel indispensable de notre contemporanéité ?
La communication de Vanessa a fait se côtoyer les réflexions théoriques et les exemples pratiques avec les TICE en classe de FLE pour approfondir le débat à propos des nouvelles ressources , des nouvelles approches indispensables aux nouveaux défis éducatifs.
Aujourd’hui, les professeurs sont nombreux à se pencher dans l’univers des TICE pour étudier, préparer et faire entrer toutes les potentialités du monde connecté de la technologie dans l’éducatif. D’une certaine manière, il  est possible d’affirmer qu’il y a eu un éclatement de l’espace FLE de la salle de classe. Les cours de FLE dépassent largement la limite des murs pour s’imbriquer dans la vie quotidienne des apprenants. Dans ce concept, le professeur qui tient au contrôle interactif de toute action pédagogique, s’il existe encore, s’avère condamné à l’échec de sa pratique et de sa relation interpersonnelle avec les étudiants.

Le progrès s’impose. Il est regrettable, voire impossible, de les ralentir ou de faire marche arrière. La définition de TICE rend explicite ces alliances avec l’univers formateur, un domaine de l’éducation consacré à la recherche des applications des outils numériques au sein des démarches pédagogiques. À son tour, l’un des objectifs majeurs recommandés, met en lumière le besoin de promouvoir des méthodes d’enseignement de langues vivantes où prime l’indépendance de la pensée, du jugement et de l’action, combinées à la responsabilité et au savoir-faire social. Elles se montrent davantage ancrées dans la réalité et dans la capacité de l’étudiant d’intervenir en autonomie et de manière concrète dans son quotidien. Internet présente toutes les conditions requises pour être utilisé au service d’une pédagogie active axée notamment sur l’apprentissage par les tâches.

Dans l’ouvrage « Internet dans la salle de classe », François Mangenot dit que la tâche serait le fil d’Ariane des apprenants pour ne pas se perdre dans le labyrinthe de la toile. L’approche actionnelle, alliée à Internet permet de faire faire aux apprenants des tâches en utilisant la langue. Celle-ci n’est plus l’objet de l’apprentissage mais un outil pour atteindre des objectifs précis.
Mangenot attire notre attention sur l’immensité de la toile et au besoin un travail ciblé pour que l’apprenant ne s’égare pas devant les nombreux appels qui le guettent.
Démarche en construction, il y a très peu d’ouvrages présentant des activités concernant les TICE en classe de FLE. C’est un secteur encore expérimental et les enseignants expérimentateurs sont des pionniers et construisent peu à peu leurs propres méthodes en fonction de leurs apprenants et de leurs objectifs.

À titre d’exemple, le livre « 150 activités » publié en 2004 par CLE International est voué à une vie très brève car plusieurs de ses activités ont été modifiées, voire supprimées.

Si d’un côté, la potentialité des réseaux encourage la créativité des enseignants, il faut néanmoins, d’un autre côté, tenir compte de la pérennité des liens. La nouvelle ère des sites donne naissance à un nouveau rôle du professeur, il devient un guide, un accompagnateur de l’apprentissage. Sa place physique n’est plus devant le tableau ou derrière le bureau, mais plutôt aux côtés de l’apprenant, devant l’écran de l’ordinateur.
Isabelle Barrière, dans son article « TICE et FLE », définit que les inconvénients sont notamment d’ordre technique et technologique.
Or, il est indéniable que les ressources technologiques mettent à preuve l’offre d’équipement moderne et les compétences capables de faire fonctionner l’engrenage des activités en réseau. En outre de ces difficultés, quelques professeurs résistent à renouveler leurs pratiques et à adopter les TICE dans leur démarche pédagogique. Certes, s’ouvrir à l’inconnu et se klancer dans de nouvelles pratiques et désacraliser les découvertes s’avèrent des défis insurmontables dans certains cas. Pour les professeurs qui se croyaient les protagonistes, voir l’ascension des apprenants est une profonde restructuration.
Pourtant, l’enchaînement des TICE se construit de manière solide vu que nous passons d’un paradigme de transmission du savoir, d’acquisition des connaissances, à un paradigme d’apprentissage, de développement des compétences. L’enseignant est un coach, l’élève est un acteur à part entière de sa formation.

Selon Jacques Tardif, le paradigme rend le professeur un professionnel interdépendant ouvert et critique, un travailleur collaboratif, un provocateur du développement, un médiateur entre ses savoirs et les élèves et un collaborateur dans la réussite de tous les élèves de l’établissement.
Dans ce processus, François Mangenot et Elizabeth Louveau, définissent d’abord la potentialité d’activités de compréhension, d’expression, tout en faisant entrer dans la salle de classe la réalité extérieure et la culture de la langue cible. En plus, elles vont promouvoir la présence de l’oral spontané et no de l’oralité qu’on propose dans les méthodes.

Il faut souligner la réhabilitation des jeux en tant que moyens d’appropriation des compétences.

On trouve donc, parmi les grands atouts des TICE, la vocation à décloisonner les savoirs et à donner un sens pratique et logique au processus d’enseignement-apprentissage.

Vanessa nous a présenté ensuite trois exemples de cette utilisation des TICE en cours de FLE. Le premier tourne autour d’un album qui s’appelle « Le buveur d’encre », un livre qu’elle a adopté en salle de classe et à partir duquel elle a développé un projet qui a gagné un concours de l’Ambassade de France. Ses élèves ont lu le livre et ensuite, ils ont posé des questions à l’auteur qui y a répondu sur son blog. Il s’agissait de ce genre de questions : Pourquoi êtes-vous écrivain ?, ou même des questions plus personnelles, parce qu’il a 13 enfants. L’auteur du livre a publié le texte du concours et cela a été fascinant pour les apprenants de se voir publiés dans le blog d’un écrivain français. Ils ont alors compris et  vu la possibilité de communiquer avec quelqu’un grâce à la langue française.
www.ericsanvoisin.com

Le deuxième exemple est quelque chose de plus courant. À partir du poème « Déjeuner du matin » de Jacques Prévert, déjà si utilisé pour apprendre le passé composé, elle a demandé à ses élèves de faire un petit film avec leur téléphone portable et de proposer une lecture du poème.

Le troisième exemple : poster une recette de cuisine sur internet en français et en faire ensuite la dégustation.

Comme conclusion, Vanessa Massoni nous expliqué que la mise au point des TICE est idéale pour faire face à de nombreux défis pédagogiques, réduire le clivage entre le monde réel et la salle de classe, être en contact avec des documents réels reflétant la culture et la langue telles que vécues et utilisées, donner un caractère ludique à l’apprentissage, dédramatiser les erreurs grâce à l’autocorrection, provoquer et encourager  l’autonomie dans l’apprentissage, développer des compétences de compréhension interculturelle et intégrer le processus d’apprentissage dans la logique de la mondialisation des réseaux et, finalement, encourager un apprentissage coopératif et créatif.

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XIV Congrès des professeurs de français de Mendoza (10) – Au sommet!

L’ART EN MOUVEMENT DU FLE
LE THÉÂTRE COMME OUTIL D’APPRENTISSAGE  DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE

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María Claudia MILANO
Centro de Cultura Francesa de Morón
cmilano@intramed.net

Nathalie GREFF-SANTAMARIA
Centro de Cultura Francesa de Morón
nathaliegreffsantamaria@gmail.com

Résumé

L’objectif de notre communication consiste à rappeler la pertinence du théâtre dans l’apprentissage d’une langue étrangère, en l’occurrence le français. Un outil bien trop souvent oublié dont les résultats peuvent être spectaculaires auprès des élèves, leur permettant d’acquérir un phrasé spécifique et de retenir, grâce à la mémoire corporelle, des expressions, des gestes ou encore des éléments culturels indispensables. En tant que professeures de FLE aguerries évoluant depuis des années dans le monde du théâtre et accompagnées par toute une équipe de professionnelles venues d’horizons divers et convergents autour de cette même ambition interdisciplinaire, nous souhaitons évoquer ici plusieurs aspects que nous avons eu la possibilité de mettre en œuvre dans nos cours et avec nos élèves de différents niveaux, afin d’en partager les résultats et expériences acquises. Il s’agit, entre autres, d’activités théâtrales ciblées sur l’apprentissage d’une notion spécifique, d’analyses d’œuvres courtes ou d’extraits, du travail de lecture à voix haute plus ou moins poussé d’une pièce de théâtre (assis, debout, avec ou sans le texte) ou encore d’un projet de plus longue haleine : la mise en scène d’une pièce d’une durée d’une demi-heure, sur scène, avec représentation publique à la clef.

Nathalie: Même si on est deux, c’est à quatre qu’on a monté tout ce projet. Je suis arrivée en Argentine et j’ai commencé à travailler au Centre de Culture française de Morón. Comme je suis également interprète, j’ai connu Claudia (Milano) qui est comédienne, qui fait du théâtre communautaire. Je l’ai rencontrée alors qu’elle faisait une formation de comédienne et que je venais interpréter. On s’est rendu compte qu’on habitait juste à côté et c’est comme ça qu’on a commencé à former un petit groupe. Claudia connaissait déjà Ana (Laisa), elles travaillaient toutes les deux à l’hôpital Posadas.
C’est à partir de cette réunion de nous quatre (avec Laura Bosco), et de cette pièce qu’avait écrite Claudia (Trois fois Marie) et qui nous a beaucoup plu qu’on a décidé de l’intégrer dans le cours de français.

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Claudia : Je présente Ana (Laisa), elle travaille à l’hôpital. C’est une femme courageuse, elle a une troupe de théâtre avec des malades psychiatriques. Elle a créé le groupe Donarte, on fait des pièces de théâtre, des chansons, des interventions culturelles dans des situations critiques pour les rendre humaines. L’hôpital n’est pas un lieu de maladie, c’est un lieu de rencontres, un lieu de santé, un lieu d’amitié, un lieu de contention. On veut donc transformer l’idée de l’hôpital, lieu de maladie et c’est pour ça qu’on travaille après le travail rémunéré.
Ana nous encourage. Elle a le grand talent de nous diriger en français alors que ce n’est pas une langue qu’elle parle couramment. Je crois que maintenant, elle doit connaître la pièce par cœur.

Nathalie : Je n’avais pas vraiment de trajectoire comme comédienne mais j’avais toujours été intéressée par l’idée de faire entrer le théâtre dans les cours afin de trouver un moyen de faire participer les élèves, de ne pas toujours être dans une relation de professeur qui parle et des élèves qui ne s’intéressent qu’au professeur. Nous voulions créer de nouvelles dynamiques et donc, c’est de là qu’est venue cette idée de réunir l’enseignement d’une langue et le théâtre.

(À partir d’ici les interventions de Claudia et de Nathalie s’entremêlent, ce qui m’empêche de préciser laquelle des deux prend la parole)

En intégrant le théâtre dans nos cours, on a pu travailler sur les gestes. Toute langue a ses gestes et dans la pièce on en a intégré certains. « Mon œil », par exemple, ne se trouve pas dans la pièce, mais on l’a proposé pour travailler avec les élèves pour leur montrer la différence car ça ne veut pas du tout dire la même chose qu’en Argentine. « ¡Ojo ! » en Argentine, serait le « Fais gaffe ! » français.

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Le théâtre nous permet de pouvoir travailler le verbal et le non verbal et puis toutes les notions culturelles, les expressions, les gestes. Il est important aussi de pouvoir travailler les silences, les pauses.
Moi, je suis entrée (C’est Claudia qui s’exprime) dans le théâtre quand je travaillais en cancérologie et là, j’ai compris la valeur du silence. Et là, j’ai dit : « Voilà, on doit jouer avec l’autre. Je vais enrichir l’autre, il va m’enrichir ».
Le théâtre apporte aussi l’avantage d’évoluer dans un contexte moins formel, de ne pas être assis à écouter le professeur. Ce qui m’intéressait du théâtre, c’était de pouvoir faire parler les élèves parce qu’ils ne se sentent pas écoutés par le reste de la classe.
Ils travaillent soit tous ensemble, soit en petits groupes. Ça leur donne plus de confiance en eux-mêmes et ça permet d’améliorer l’expression.
Une citation de Véronique Laurent qui nous a beaucoup plu et qui définit l’utilisation du théâtre de l’outil théâtre dans le FLE comme une manière de susciter le désir, de s’exprimer en une langue nouvelle, d’approcher la langue par le plaisir, de se donner une autre entrée dans la langue et la culture grâce aux techniques et au jeu théâtraux. C’est vraiment là-dessus qu’on a basé tout ce qu’on a fait.
On a intégré dans nos cours la lecture à haute voix et les exercices d’échauffement.
Dans mon cas (Nathalie), je ne sais pas si je me sentirais à l’aise, à moins d’avoir choisi un cours de théâtre où je sais que je vais me retrouver face à ce genre de choses. Généralement, je le propose, ou bien comme un cours de théâtre particulier ou je préviens l’élève à l’avance. Il sait alors sur quoi on va travailler.
Si le groupe le permet, on passe le DVD. On fait de la compréhension orale. On va discuter et après on va la lire. On peut changer la fin. On va jouer le rôle des personnages qui sont dans la scène ou qui n’y sont pas. « Roberto, qui est nommé, il est comment ? »

Quelles sont les difficultés ? La honte devant les autres, rompre la peur.
Le résultat est une grande satisfaction d’avoir compris la pièce, la curiosité et jouer un personnage et le modifier.
Des élèves timides sont devenus des stars.

Je vais tout donner, la langue va passer à l’autre. L’autre va la recevoir. Je la transforme, je l’habille, je la coiffe et l’autre va la rendre deux fois, trois fois plus.
Si on veut un monde idéal et si on veut changer le monde, on va travailler vers l’autre.

J’espère avoir pu restituer un tant soit peu l’enthousiasme et la passion exprimés par Claudia et Nathalie durant leur communication et de ne pas avoir été trop infidèle dans mon compte rendu de celle-ci.

XIV Congrès des professeurs de français de Mendoza (9) – Au sommet!

Christian Ollivier est actuellement professeur des universités en didactique du FLE à l’université de La Réunion. En tant que chercheur, il travaille essentiellement sur les approches didactiques, l’utilisation d’internet pour l’enseignement-apprentissage des langues et les didactiques du plurilinguisme. Il dispose, en outre, d’une longue expérience de l’enseignement des langues dans le primaire, le secondaire et le supérieur ainsi que dans la formation des adultes.

Il a piloté / pilote de nombreux projets internationaux sur l’utilisation du numérique (essentiellement Internet) pour l’enseignement et l’apprentissage des langues.

Il a également une large connaissance du monde du théâtre. Il a mis en scène de nombreuses pièces jouées en Autriche, en Allemagne, en France et en Italie et a rédigé le livret de quatre opéras qu’il a également mis en scène pour des représentations à Salzburg et à l’opéra du Caire.

Son travail sur les pratiques théâtrales en classe de langue lui permet de réunir didactique des langues et expérience du théâtre.

Site : http://www.christianollivier.eu
Mail : ollivier.reunion@gmail.com

Tâche ancrée dans la vie réelle sur le web 2.0 – Agir et interagir pour de vrai

Résumé
Dès l’apparition d’Internet, les didacticiens s’intéressant à l’utilisation de la technologie y ont vu une opportunité de dépasser les limites des situations traditionnelles d’enseignement-apprentissage des langues, considérant ce nouveau média comme une possibilité d’ouverture sur le monde et d’élargissement des possibilités de communiquer avec plus d’authenticité.
Pourtant, force est de constater que le potentiel d’Internet et de son évolution, le web 2.0 / social, reste encore largement inexploité. Les TICE sont surtout utilisées pour faciliter la communication au sein des groupes-classes et entre groupes d’apprenants distants locuteurs natifs ou non. Rares sont les expériences dans lesquelles les apprenants ont été amenés à agir et/ou interagir avec des personnes dépassant le cadre des groupes constitués et à s’engager en tant que personnes (en non plus seulement comme des apprenants) dans des tâches ancrées dans la vie réelle impliquant un processus de communication authentique. Pourtant, les recherches dans le domaine font ressortir de nombreux atouts, dont une plus grande motivation des apprenants et une attention accrue à la forme et au contenu en fonction de l’interaction sociale de référence.
Nous mettrons l’accent sur les potentialités et atouts d’une utilisation du web 2.0 / social dans une approche socio-interactionnelle, montrerons en quoi elle contribue à augmenter l’authenticité de la communication et de l’interaction éducative. Nous proposerons pour cela de nombreux exemples concrets de tâches ancrées dans la vie réelle.

Voici, parmi les ateliers assurés par de experts internationaux de la taille de Puren, Lebrun, Lacroix…, présents dans ce congrès, la transcription de celui qui m’a personnellement le plus touché, car, et ce depuis assez longtemps, je lutte pour abattre les murs de la salle de classe et y Laisser entre la vraie vie. Un grand merci donc à Christian Ollivier.

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En 1996, j’étais prof de français en Autriche. On nous a donné une adresse mail. On avait tous une adresse mail et on se demandé ce qu’on allait en faire. On a commencé à s’envoyer des mails d’un bureau à l’autre. On aurait pu téléphoner mais on s’envoyait des mails. 4 ou 5 mails dans la journée, c’était un moment heureux.
Et puis, l’Université nous a demandé de créer un site web, moche comme pas possible ! Mais à l’époque, c’était super. On nous a dit qu’on y avait un espace personnel. Je suis curieux et je me suis créé une page aussi moche que celle de l’université.
J’ai vu que sur internet, il y avait des gens qui faisaient des exercices interactifs. J’ai regardé comment c’était programmé, je me suis dit que c’était une langue et que je devais être capable d’apprendre une langue. J’ai donc programmé deux ou trois exercices interactifs pour mes étudiants.
Un jour, une de mes étudiantes qui était la maîtresse d’un fonctionnaire haut placé du ministère de l’Éducation me dit qu’elle connaissait quelqu’un au ministère qui cherchait quelqu’un pour diriger les cours français de l’école virtuelle européenne.
Je prends rendez-vous et ils m’expliquent qu’ils ont pensé à moi car avec mes deux pages je sais en faire beaucoup. Je me dis : « Pourquoi pas » et de projet en projet je suis arrivé à suivre un petit peu ce qui se passait sur internet et à travailler sur le web 2.0 sur lequel je reviendrai.
L’idée est donc de vous donner des idées sur ce qu’on peut faire avec le web et ce que le web peut m’apporter en tant que professeur de français.

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Ce dont je vous parlerai aujourd’hui, c’est des activités qu’on peut faire en classe sans internet.

Qu’est-ce que j’appelle une approche socio-interactionnelle ? Vous savez à peu près de quoi il s’agit par rapport à l’approche actionnelle.
Il y a de grandes différences avec l’approche communicative qui était le fait de compétences langagières qui mises l’une à côté de l’autre devaient servir à communiquer mais qui ne correspondaient pas toujours à ce qui se faisaient dans la vie.
Un exemple, vous distribuez un texte à vos élèves ou vous leur faites écouter un document audio et puis, vous leur posez des questions : « De quoi ça parle ?, qu’est-ce que c’est ? »… Imaginez la même chose chez vous, vous dites à votre compagnon ou à votre compagne : « Regarde cet article dans le journal, il est super intéressant ». Après qu’il (elle) a lu l’article, vous lui demandez : « De quoi il parle ? ». Il (elle) va vous répondre : « Attends, tu ne l’as pas lu ? Tu m’as dit qu’il était intéressant ! »
On a fait pendant longtemps, et on continue à le dire, des actions qu’on ne ferait pas dans la vie. Ce n’est pas du tout de la communication. La seule vraie réponse communicative de l’élève serait : « Mais vous ne l’avez pas compris ? » Dans la vie si on demande de quoi ça parle, c’est qu’on n’a pas compris.
Notre idée c’est d’aller vers une classe de langue qui soit plus authentique, plus proche de ce qu’on fait dans la vie, de s’y préparer, voire d’aller encore plus loin.
Qu’est-ce la compétence communicative ? La compétence communicative, c’est d’abord la capacité que l’on a d’agir en adéquation avec la relation engagée.
Quand on communique on agit, et quand on agit, on agit toujours en relation avec les autres. Quand je communique, je communique toujours avec quelqu’un. Savoir communiquer, c’est savoir communiquer avec quelqu’un.
Aujourd’hui, si je parlais avec un ami autour d’une table, ce ne serait pas de la même façon. Ici, il y a une rangée de sièges, et moi, on m’a mis devant. Je suis debout, vous êtes assis. On m’a donné une certaine légitimité, il y a toute une relation sociale qui se met en place. Je ne connais personne particulièrement.
Si vous faites la classe à un petit groupe, et que dans ce groupe il y a des personnes que vous connaissez bien, ce n’est pas pareil.

Ce qui est important, c’est que les élèves apprennent à adapter leur communication à la personne avec laquelle ils communiquent. C’est pareil pour tout ce qu’on fait dans la vie. Tout ce qu’on fait dans la vie, on le fait avec quelqu’un d’autre. Tout est une affaire de relation.
Le sens, on le construit toujours à deux, ou à trois…On ne le construit jamais tout seul.
Un exemple, je vous dis : « Beau foulard ! » Mais qu’est-ce que j’ai vraiment dit ? On utilise des mots, mais on dit autre chose. C’est peut-être un compliment sur le foulard, mais j’aurais pu dire « Beau foulard » et vous auriez pu me répondre : « Regardez ailleurs ». Et là, « Beau foulard » ne veut plus dire la même chose, c’est une tentative d’approche que je refuse. La phrase n’a pas changé, mais elle a changé de sens. Je peux répondre : « Je considère que je vais acheter le même à ma compagne », et le sens change de nouveau. Le sens n’existe pas en soi. Il n’est pas dans la tête de quelqu’un. Dans nos têtes nous avons des intentions de sens. D’où l’intérêt et l’importance de communiquer la façon la plus claire possible. Dans la classe on ne travaille pas vraiment sur le sens. On se dit que le sens existe dans le texte, il faut comprendre le texte. Le prof n’a pas d’intention particulière, à part poser des questions et faire parler. Il n’y a pas d’intention sociale derrière. Et les élèves parlent pour vous dire ce que vous attendez qu’ils disent.
On n’est donc pas du tout dans la communication, on fait de l’anti communication ! D’où l’idée de voir ce qu’on pourrait changer si l’intérêt est de communiquer, d’apprendre à communiquer, de parler avec quelqu’un, de faire quelque chose avec quelqu’un.

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Cela montre les limites que la classe de langue nous impose. La classe de langue où il y a le prof qui a une position hiérarchique, qui crée un déséquilibre social. On s’est rendu compte que celui qui parle le plus en classe, c’est le prof !
Je ne suis pas d’accord avec l’opposition entre faire parler et faire taire. Il y a un seul axe, c’et le pouvoir du prof, le pouvoir de parole et de non parole. Il n’y a pas d’opposition, il y a un seul pouvoir.
On est constamment dans une communication sur un axe de pouvoir et jamais sur un axe horizontal. On simule. Le pire, c’est la simulation en situation d’examen, un jeu de rôles où vous jouez l’ami de l’élève. C’est terrible parce qu’il n’est pas votre ami !
J’ai fait une formation à l’évaluation au Kenya où il y a beaucoup de réfugiés somaliens qui sont généralement musulmans. Une jeune fille musulmane qui passe un examen ne peut pas regarder dans les yeux celui qui lui parle. Dans les barèmes d’évaluation, elle perd beaucoup de points parce qu’elle ne peut pas communiquer comme avec un ami. Ce n’est pas juste de demander à un élève de vous considérer comme un ami pour vous parler pendant l’examen.
On simule, il y a des élèves qui vont être capables de simuler et d’autres qui ne vont pas forcément en être capables.
On doit dépasser la simulation pour essayer de communiquer pour de vrai et la perspective actionnelle, en espagnol « orientado », ce qui veut dire que le cours de langue prépare à la vie. C’est le principe d’homologie. On va faire dans la classe quelque chose qui va ressembler à ce qu’on fait dans la vie réelle. Je dis qu’on peut aller plus loin. On peut faire les deux à la fois. On va répéter dans un endroit protégé, on va faire des erreurs, là on est considéré comme un apprenant. Ne peut-on pas, pendant le cours de langue, faire agir réellement ? On ne va pas dire qu’on est un ami, on ne va pas dire qu’on fait « comme si ». On peut faire un autre type de tâches que celles qu’on fait habituellement, des tâches qu’on va réaliser dans des relations sociales en dehors de la classe. Ce seront des actions ancrées dans la vie réelle, qui ont un pied dans la vie réelle.

Ceci ne veut pas dire qu’on supprime le type de tâche qu’on fait habituellement.
Je pense que vous faites trois types de tâches :
-tâches didactiques assez éloignées de la vie réelle ;
-tâches cibles, assez proches de la vie réelle ;
-tâches ancrées dans la vie réelle (sur le web 2.0)

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Internet a une évolution intéressante que l’on appelle le web 2.0. En fait, il n’y a pas deux web quend nous naviguez sur internet.
On va de plus en plus vers un web participatif. On peut maintenant agir sur internet. Vous avez les réseaux sociaux.
Sur internet, on va agir ensemble, on va participer. Vous connaissez tous wikipedia ? C’est un site 2.0. Il faut deux choses pour que ce soit vraiment un site 2.0 : une technologie qui permet d’agir ensemble et puis, il faut une attitude de l’utilisateur.
Un petit sondage : Qui est allé sur Wikipedia pour chercher une information ?
Cent pour cent.
Qui est allé sur Wikipedia pour poster de l’information ?
Trois personnes.
Nous somme donc trois à utiliser pleinement Wikipedia. Nous sommes des acteurs sur internet, alors que les autres sont des consommateurs. On parle maintenant de consommacteurs.
Si vous n’avez jamais changé quelque chose, vous pouvez aussi faire disparaître quelque chose, avec « modifier ».

Dans le web 2.0, tout le monde est capable d’agir. Sur Wikipedia, il n’y a pas de spécialistes qui postent quelque chose. Sur le web 2.0, comme sur Wikipedia, il y a une plateforme, un outil qui est vide. Les gens qui ont créé Wikipedia n’y ont mis aucune information. Il n’y a rien dans le moteur de recherches Google, mais simplement un algorithme qui va vous chercher les sites en rapport avec ce que vous avez demandé. C’est une plateforme qui fournit simplement un service et pas de contenus. Les contenus proviennent de ce qu’on appelle l’intelligence collective.
L’intelligence collective c’est : Toi, tu sais quelque chose sur Mendoza, tu vas le mettre sur la page de Mendoza. Toi, tu sais quelque chose d’autre, tu vas le mettre aussi. On va créer la page ensemble.
L’intelligence collective met des informations mais elle va aussi les modifier.
Je vous rassure, si j’avais supprimé la page de Mendoza, dans un quart d’heure, elle y était de nouveau. Il y a des robots qui le font.
L’intelligence collective, c’est notre intelligence plus l’intelligence des robots.

C’est comme dans l’approche actionnelle, on va faire quelque chose ensemble. On va prendre un exemple concret. Si on travaille sur Wikipedia, il nous faut des élèves d’un niveau assez élevé. On va donc choisir Wikitravel. C’est le même principe que Wikipedia, mais il s’agit d’un guide touristique participatif.
http://wikitravel.org/fr/Accueil

On va créer ensemble un site qui va permettre à des touristes qui voudraient venir à Mendoza, à Buenos Aires, à Rosario, de trouver des informations y ont été mises par des internautes qui sont censés connaître quelque chose. C’est là que l’on change la perspective de l’élève. En classe, on est d’abor infantilisé : « Comment tu t’appelles ? Tu as quel âge ? » Dans la vie de tous les jours on ne fait pas comme ça.
On considère que vous êtes quelqu’un qui ne sait pas et que vous devez apprendre. Et là, c’est le contraire, on dit aux élèves : « Vous savez des choses, si vous apprenez le français, le français va vous permettre de partager ce que vous savez, de le partager avec des Français qui sont potentiellement intéressés ». Quel que soit l’endroit où vous habitez, vous savez des choses, et vous pouvez, parce que vous êtes en train d’apprendre le français, les partager avec des Français.
L’intelligence collective agit comme ça : Vous allez mettre une information aujourd’hui sur un restaurant de Mendoza. Quelqu’un d’autre va venir voir la page de Mendoza et se dira : « Moi, le restaurant, je le connais, ce n’est pas ça », il va le supprimer.
Il y a un principe, on ne poste pas de publicité.
Pour entrer il faut mettre un captcha pour prouver que je ne suis pas un robot. Nous sommes tous responsable de l’information, ça fait partie de l’intelligence collective. Nos élèves découvrent qu’ils peuvent utiliser le français pour partager leur savoir.

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Si on poste un commentaire sur un blog, ce serait ça ?
Oui, ce serait un exemple d’action avec des autres.
Ça change beaucoup de choses parce que ce n’est pas de la relation verticale mais horizontale. Je suis un participant comme tous les autres participants.

C’est très satisfaisant pour les élèves parce qu’ils reçoivent des commentaires et ils voient les commentaires des autres. Cette interaction est intéressante.                       
Ce que je suis est considéré comme valable, comme intéressant. Je ne suis plus infantilisé dans mon apprentissage, mais je suis valorisé pour ce que j’ai à dire. L’erreur m’oblige à revoir des choses. Ce n’est pas l’erreur de langue qui est importante mais l’erreur de communication.

Des collègues australiennes ont publié un article sur quatre étudiants qui apprennent le français et qui ont participé au forum du Monde. Les deux premiers y sont allés en disant : « Nous sommes étudiants, nous parlons mal le français mais nous aimerions discuter avec vous ». Et ils ont commencé à discuter sur un sujet des États-Unis. Ils ont été fantastiquement accueillis par la communauté. Quand ils ne pouvaient plus s’exprimer en français, ils le faisaient en anglais, ce qui a été aussi très bien accueilli parce qu’ils communiquaient, ils disaient quelque chose. Pour les deux autres, ça ne s’est pas aussi bien passé. Pourquoi ? Parce qu’ils sont arrivés en disant : « Nous sommes apprenants de français et nous venons ici pour pratiquer notre français ». On ne va pas sur un site du Monde pour pratiquer son français. Ce n’est pas comme à l’école. On y va pour communiquer. Peu importe si mon français n’est pas très bon si j’arrive à communiquer ce que j’ai envie de dire.

Une autre activité absurde, c’est de faire écrire des lettres à des amis. C’est la pire des choses qu’on peut faire parce que quand j’écris à un ami, peu importe nombre de fautes que je fais. Si mon ami arrête d’être mon ami parce que je fais des erreurs de français, ce n’est pas un ami.
Par contre, et on peut l’apprendre sur le web 2.0, il y a certains cas où je peux avoir un niveau de correction faible, et certains cas où je peux avoir un niveau de correction fort.
Quand je participe à Wikipedia, vous allez voir les règles, on me demande un bon niveau de français.
Ça a un autre avantage, ça fait parler de sa propre culture, parler de soi plutôt que parler de l’autre.

Là, il y a de l’affectif.
Oui, on va partager ça. Dans cet ancrage dans la vie réelle, il va falloir tenir compte du contrat social, des règles sociales explicites et implicites.
On a des attentes sociales. Ça peut être des attentes de qualité, de rédaction, que se soit lisible, qu’il n’y ait pas trop d’erreurs. C’est une relation sociale avec d’autres personnes. Travailler sur la communication est une compétence sociale.
Sur la plupart des sites, vous avez des pages. Si on n’a pas internet, on peut faire une copie.
On trouve les règles sociales explicites du site Que dit Wikitravel ?
« Être un voyageur exige du courage, de la confiance en soi et de la persévérance. Un wikivoyageur exige les mêmes qualités. Lancez-vous dans la tâche d’écrire ou de modifier des articles ». On peut donc écrire, modifier n’importe quel article sur Wikitravel. On s’adresse à vous, ce n’est pas une tâche créée par le prof, ce n’est pas une tâche écrite par l’auteur du manuel. La tâche, elle existe déjà. Ils ont besoin de vos connaissances, de votre expérience, de votre talent et de votre attention.

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Ne vous inquiétez donc pas de ne pas être à la hauteur. On travaille ensemble, c’est l’intelligence collective. Ajoutez simplement une mention et laissez les autres l’améliorer. Ignorez l’autorité. Vous avez autant le droit de modifier quoi que ce soit que n’importe qui. Ne prenez pas la peine de demander la permission.
Il y a aussi la page qui vous dit ce qu’il ne faut pas faire. Par exemple : ne passez pas votre temps à déconseiller le voyageur. Que toute l’information soit justifiée. Toute mention commerciale ou encyclopédique est interdite.
Il y a un double ancrage : l’ancrage dans la vie, et l’autre dans la classe de langue.
Il y a un contrat social implicite, qu’on a tous dans la tête, et explicite, qui se trouve sur le site.
On n’écrit pas pour le prof, on n’écrit pas pour nous mais pour aller plus loin.

Les premiers étudiants avec qui j’ai travaillé sur Wikipedia y ont mis des informations et quelques heures après, il y avait des gens qui avaient modifié les informations, qui avaient ajouté des choses, qui avaient ajouté des liens vers d’autres articles. Leur article était intégré à Wikipedia. Ils ont été bluffés, ça les a beaucoup motivés, car ils n’ont pas écrit pour eux, ni pour le prof.
Il y a un enjeu réel. L’enjeu ça peut être un facteur de stress, mais c’est un gros facteur de motivation.
Voyez la différence : on ne les fait pas travailler pour les préparer à faire quelque chose plus tard, parce que, combien parmi vos élèves qui apprennent le français, s’en serviront plus tard ? On n’en sait rien. Et là, tout à coup, c’est maintenant. Maintenant, je sais que je me sers du français. Ce n’est pas de l’hypothétique.
Il s’agit d’une tâche qui n’est inventé ni par le prof, ni par l’auteur d’un manuel. Elle a déjà été inventée.

Le prof va donc explorer sur internet. « Je suis en train de faire une unité sur la région, sur les restaurants »,.
Cela ressemble assez à la pédagogie de projet mais ce n’est pas un projet parce qu’on n’a pas besoin de collaborer, il y a plusieurs éléments qui n’y entrent pas. Un projet, c’est tellement important qu’on a besoin de partager le travail. Ici, ce n’est pas long, tandis que le projet se fait sur la durée.
Mais la pédagogie est la même. Ça reste une tâche.
Vous pourriez le faire à l’écrit avec vos élèves : « La semaine prochaine chacun me présente un restaurant ». Mais ce n’est pas la même chose. La préparation va être la même mais simplement les dimensions sociales vont changer. Un tout petit rien fait qu’on passe de la simulation à la véritable communication.

Pour l’évaluation, ce n’est pas vous qui allez évaluer. Qui va évaluer ? Les autres wikivoyageurs qui vont modifier quelque chose. Mais ce sont éventuellement les élèves eux-mêmes qui avant de poster vont reprendre leur article. On est vraiment dans la tâche authentique.

J’ai dit que c’était une tâche ancrée dans la vie réelle et inscrite dans une situation d’apprentissage. Ce qui me semble intéressant, c’est qu’on est dans le monde, en dehors de la classe, et dans la classe. Dans la classe, je ne fais pas comme si je communiquais. On me fait faire une activité d’apprentissage, le prof va choisir un travail en fonction des objectifs.

L’intérêt est aussi d’accompagner l’élève. Il peut être stressé par Wikipedia. Un jour mes élèves m’ont demandé de corriger leur texte, ça ne m’était jamais arrivé avant. C’est une expertise qui peut les aider.
On va les accompagner, on va être là jusqu’au bout. C’est le côté rassurant de l’accompagnement.
Même quand il met un commentaire sur un blog, la personne qui va lire le commentaire ne sait pas que l’élève est accompagné d’un prof..
L’ancrage dans la vie réelle ce sont des actions, des interactions sociales en contexte éducatif. On s’en sert pour apprendre.
Dans ce cas, on est un peu exposé parce que tout le monde va lire ce qu’on va écrire, tout le monde va pouvoir juger.
L’enjeu que nous avons est celui d’une double authenticité, l’authenticité socio interactionnelle, communication et action, et une authenticité d’éducation. Ce n’est pas comme quand on fait semblant de communiquer.

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Quels sont les avantages pour l’apprenant ?
Habituellement, ils communiquent dans une seule relation. Quand on communique avec des pairs, c’est toujours les mêmes. Ici ça nous permet de tester plusieurs situations de communication. On va pouvoir poster de recettes de cuisine sur un forum de cuisine. Là, on va être dans une situation où j’ai le droit de faire des erreurs de langue. On va travailler sur Wikitravel, là, il faut déjà que ce soit un peu meilleur. On va poster sur Wikipedia, il ne doit y avoir quasiment aucune erreur.
Il y a donc une diversité et une authenticité des interactions sociales.
L’apprenant a le droit à la parole. C’est un apprenant considéré comme un apprenant-connaissant. Il append et il sait.
L’apprenant prend conscience de l’importance des interactions sociales ainsi que du niveau d’exigence requis pour une tâche précise.

Et qu’est-ce qui change pour l’enseignant ?
Il n’est pas :
-concepteur de tâches,
-évaluateur. Vous n’allez pas corriger cette tâche mais une tâche cible qui lui ressemble. La communication et l’évaluation ne sont pas la même chose. Dans une situation communicative, on doit être audacieux, prendre des risques, dans une situation d’évaluation, il faut être défensif.
-propriétaire ou gestionnaire de l’espace d’action.

C’est :
-un prospecteur
-une force de proposition
-une force de motivation
-une personne-ressource/conseil

Comme remarques préliminaires, les tâches proposées se ressemblent aux tâches habituelles avec ces différences :
-les destinataires,
-le contrat social,
-l’enjeu : dépasser la simulation ou la répétition.

En ce qui concerne la préparation, on doit faire découvrir dès le début pour qui on écrit, sur quel site on va publier et quelle est l’intention.

Sites pour partager un savoir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal
http://fr.wikimini.org/wiki/Accueil
http://wikitravel.org/fr/Accueil
http://fr.wikihow.com/Accueil
https://fr.wikinews.org/wiki/Accueil

Pour partager une recette de cuisine :
https://www.supertoinette.com/

Pour partager un avis ou faire part d’une expérience :
-sur un film : www.allocine.fr
-réagir sur l’actualité : www.20minutes.fr
-partager une croyance d’enfant : https://twitter.com/quandjetaisptit?lang=fr
-raconter un désagrément : http://www.viedemerde.fr/
-raconter un désagrément féminin : https://twitter.com/viedemeuf

Pour échanger et apprendre
-Interroger des locuteurs natifs : https://fr.answers.yahoo.com/

Réseaux sociaux d’apprenants
www.babbel.com
www.livemocha.com
www.busme.com
http://www.babel-web.eu/

Je souhaite que cette transcription, que j’espère le plus fidèle possible, soit utile aux collègues absent à Mendoza.

XIV Congrès des professeurs de français de Mendoza (8) – Au sommet!

L’UTILISATION DES TICE DANS LA CLASSE DE FLE POUR COMMUNIQUER AVEC DES INTERLOCUTEURS FRANCOPHONES

Mariela Verónica SANSBERRO
Alliance Française de Bahía Blanca
marielavsansberro@gmail.com

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Résumé

Les ressources numériques et les outils informatiques des médias dont les enseignants de FLE disposent leur permettent de dynamiser les classes et d’agir sur l’authentique ou encore sur le réel. C’est pourquoi l’intégration de ces ressources doit mener à une pensée critique et réflexive sur la pratique de classe permettant à l’enseignant de repenser les activités. Le défi de l’enseignant est de proposer l’emploi de ces ressources dans des situations pédagogiques au profit des apprenants, de leur travail collaboratif, avec l’intention de maîtriser l’information à l’aide de documents français et francophones authentiques. L’objectif de ce travail est de montrer comment les TICE ont permis à un groupe d’étudiants de FLE de communiquer avec des interlocuteurs natifs dans un scénario réel.

Mariela Sansberro a partagé une expérience d’enseignement en situation où les apprenants ont pu communiquer avec des locuteurs francophones en utilisant les technologies de l’information et la communication (TIC).
Les TIC sont présentes dans la vie quotidienne. On peut affirmer que dans certains domaines socio-économiques, personne ne peut s’en passer. C’est le cas du téléphone portable pour nos élèves. Les outils informatiques et les ressources numériques sont un réservoir d’activités mises à la disposition de l’enseignant. L’utilisation de ces nouvelles technologies en classe, notamment en classe de FLE, devient incontournable.
Les TICE font donc partie de notre vie quotidienne. L’objectif est de les utiliser de manière collective.
L’éventail de ressources numériques est très vaste. Cette richesse de ressources est un atout qu’un enseignant ne peut pas négliger afin de rendre ses cours plus agréables et plus vivants.
En les utilisant on peut aussi découvrir ceux qui ne s’en servent pas, car tout le monde n’a pas la possibilité d’y avoir accès.

Les TICE vont aider à l’acquisition de connaissances et de compétences autrement.
De toute évidence l’enseignant doit savoir maitriser les ressources numériques. L’inclusion des TICE doit être authentique.
L’acquisition de connaissances est traversée aujourd’hui par les nouvelles technologies.

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En classe de FLE, les nouvelles technologies peuvent enrichir l’enseignement et rendre aussi la didactique plus complexe.
L’enseignant doit réfléchir sur son activité professionnelle et concevoir des activités de construction de la situation d’apprentissage. Le paradoxe de l’utilité de l’enseignant consiste à se rendre inutile. Il doit savoir s’effacer.
Pour y arriver, un gros travail est nécessaire, avant, pendant et après. Travail de recherche, d’élaboration et d’analyse permanentes. L’activité proposée par l’enseignant doit pouvoir éveiller la mobilisation des apprenants.
En ce qui concerne l’apprenant, son activité doit être le centre de la situation d’apprentissage. Il faut lui proposer des tâches qui lui permettront de développer des compétences. Il doit agir avec les autres, il s’agit d’un agir social. L’action est mis sur la co-action et le travail collaboratif, c’est-à-dire agir ensemble.

L’expérience présentée a été réalisée dans un cours de niveau A2. L’activité finale était la rédaction d’une lettre formelle. Il fallait +écrire au maire d’une ville. Il a fallu l’adapter pour l’encadrer dans une situation authentique en rapport avec la vie quotidienne et dont le but était de pouvoir communiquer avec des locuteurs natifs.

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Pour ce faire, ils ont fait appel aux ressources d’internet pour se renseigner sur le sujet à traiter. Les élèves ont utilisé l’ordinateur de l’institution, celui de la professeure et leurs téléphones portables. Ils ont consulté les moteurs de recherche ainsi que des sites.
Ils ont ensuite envoyé des mails aux offices de tourisme et ils ont, finalement, reçu le matériel demandé. Ils ont donc réalisé en classe un projet créatif et motivant.
Leur travail collaboratif favorise l’acquisition de connaissances significatives. Il s’agissait d’un groupe où il y avait des adolescents et des adultes. Cette expérience où ils ont pu élargir et enrichir un projet du manuel était très intéressante pour eux.
Ils ont pu communiquer avec des interlocuteurs francophones, français en l’occurrence, ils ont agi dans un scénario de la vie réelle à l’intérieur d’un domaine d’action pertinent.
La convergence de la perspective actionnelle à partir des nouvelles technologies a permis l’agir social dans la classe et aussi dans la société avec le travail collaboratif en groupe, pour aboutir à l’envoi de mails auxquels les francophones ont répondu.
Le statut des contenus médiatiques se renouvelle constamment, ce qui donne donc la possibilité de renouveler aussi nos pratiques de classe.

XIV Congrès national des professeurs de français de Mendoza (7) – Au sommet!

Sur le chemin du film

Mónica Beatriz YAPURA
Alliance Française de Salta
monica29_beatriz@hotmail.com.ar

Olivier Dominique MANCEAU
Universidad de Sonora, Hermosillo, México
français.om@gmail.com

Résumé
Cette communication veut montrer l’éventail de films à travailler en classe de FLE. Si nous profitons des films pour attirer l’attention de nos élèves en classe, ils vont découvrir la culture française d’une manière absolument différente. Le cinéma peut constituer un élément moteur de l’apprentissage, soit en tant que support, soit comme projet. Partager un film donne la possibilité d’élargir les frontières de la connaissance, c’est l’invitation à voyager à travers l’image et le son. C’est un moment de détente, mais l’œuvre utilisée doit être mise en perspective pédagogique obligatoirement. Il faut élaborer un travail sur les images, les lieux, les situations vécues.
Regarder des films français c’est un travail qui présente de grands avantages. Quel est notre but ? D’abord, détendre l’ambiance, étudier tout en se distrayant mais aussi améliorer le niveau de langue, voyager à travers le son et l’image, habituer l’oreille de manière consciente et inconsciente pour reconnaitre des mots, afin de reproduire les sons à l’aise, constater leur progression en compréhension orale, découvrir la vie française et la culture et le plus important : développer une véritable culture cinématographique. N’oublions pas que les étudiants ignorent parfois l’existence du cinéma français, ils méprisent ce cinéma évidemment parce qu’ils ne le connaissent pas.

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Nos amis Mónica Yapura et Olivier Manceau nous ont donc présenté durant leur communication des activités à réaliser en classe à partir du visionnement de films français.
Mónica expliquait qu’en dernière année de l’école normale, ses élèves sont fatigués de la méthode, des conjugaisons, des verbes… À la recherche d’un sujet différent, elle a commencé à leur présenter des films. Les élèves avaient l’idée que le cinéma français était ennuyeux.
Le premier film, Intouchables, a changé cette idée. Ils étaient émerveillés et demandaient : « Quand va-t-on voir d’autres films ? »

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Or, il ne s’agit pas exclusivement de passer le film. Il y a un travail préalable. On doit d’abord analyser le film et imaginer quelques activités, et les présenter au fur et à mesure que le film avance. Ce n’est pas nécessairement du travail écrit. On peut leur faire jouer quelques scènes et même les dessiner.
Un film, c’est de la culture, de l’imagination. Dans chaque film, on peut découvrir une culture différente, des problèmes sociaux.

Olivier a affirmé qu’il n’est pas facile de se procurer des films, pas seulement les français mais aussi les québécois et les africains.
Il a expliqué ensuite qu’il avait travaillé avec ses étudiants une version de la BD Astérix et Cléopâtre portée au grand écran.
Il a choisi les scènes de l’affrontement entre les deux architectes, Numérobis et Amonbofis.
Numérobis est chargé de bâtir le palais de César. S’il n’y arrive pas, il finira dévoré par les crocodiles. Son rival, Amonbofis, va essayer de créer une révolte parmi les ouvriers.
Dans la BD, il ne parle pas en français, mais en hiéroglyphes. On peut demander alors aux étudiants ce qu’il peut bien vouloir dire.
Olivier nous a affirmé ensuite que, quand on trouve dans le manuel « Apprendre à se plaindre », cela pose problème car les Mexicains ne se plaignent pas souvent, même dans le cas d’assassinats. Par rapport aux 43 étudiants assassinés à Ayotsinapa, les parents disent à leurs enfants qu’ils n’auraient pas dû manifester.
L’idée est de montrer que les Français se plaignent beaucoup et de faire travailler les étudiants sur « apprendre à se plaindre ».
Dans la BD, on voit le garçon qui travaille avec l’architecte venir lui dire que les ouvriers ne veulent pas revenir travailler. À partir de là, on a la rencontre de l’architecte Numérobis avec les travailleurs.  Un homme vient parler au nom des ouvriers, un délégué syndical, en somme.
Finalement, c’est la potion magique préparée par le druide Panoramix qui permet de construire plus rapidement le palais.

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On est passé ensuite à l’extrait du film « Astérix et Obélix, mission Cléopâtre », où on a découvert des changements en ce qui concerne l’actualité.

https://www.youtube.com/watch?v=kt1Tmgt1RQo

https://www.youtube.com/watch?v=Jj2eAaHxzCs

https://www.youtube.com/watch?v=HSBxkW2gZJ8

J’espère que ma mémoire et les notes que j’ai prises durant la communication n’ont pas trop trahi les propos de Mónica et Olivier.

Lola Arrospide, in memoriam

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Je connus Lola Arrospide, de qui je viens d’apprendre le décès, en mai 2015, lors du XIII congrès de Buenos Aires. Je venais de finir mon atelier sur le cinéma et une dame blonde s’approcha de moi et m’invita bien cordialement à participer du V Congrès de Montevideo.
En décembre de cette même année, je débarquai donc sur les côtes de l’Uruguay, et je garde un souvenir émerveillé de Montevideo, du congrès et de l’accueil que j’y reçus.
Et parmi ces beaux souvenirs se trouve celui de Lola, de sa gentillesse et de son enthousiasme. Ce fut elle, ainsi que Soledad, Laura, Andrea, Javier, et j’en passe, qui me firent sentir chez moi à peine j’eus franchi les portes de l’Universidad de la República.
Je voudrais faire parvenir mes condoléances à sa famille et à ses amis, tout comme l’assurance que, même si mon contact avec Lola Arrospide fut très court, je garde d’elle un doux souvenir.

XIV Congrès des professeurs de français de Mendoza (6) – Au sommet!

Nous partageons aujourd’hui le Power point de l’atelier de Sophie Lacroix sur la musique francophone, même sans ce qui a été exprimé durant l’atelier, nous considérons qu’on y trouve beaucoup de pistes intéressantes pour nos cours.
Nous remercions, d’ailleurs, les organisateurs du Congrès de nous l’avoir envoyé.

 
LA MUSIQUE FRANCOPHONE À TRAVERS LE MONDE
(atelier assuré lors de la Rencontre Nationale des Étudiants de Français)

Sophie LACROIX
Agente pédagogique provinciale responsable de la Politique d’aménagement linguistique et culturel
Correspondante nationale CONFEMEN pour le Canada-Nouveau-Brunswick
Services éducatifs francophones
Ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, Canada
sophie.lacroix@gnb.ca

Cet atelier permettra aux participants de découvrir quelques artistes francophones d’un peu partout à travers le monde de la scène musicale actuelle.

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XIV Congrès national des professeurs de français de Mendoza (5) – Au sommet!

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Et voici notre atelier! Quand j’écris notre je resens de nouveau toute l’émotion que j’ai eu de le présenter avec Julia, ma fille. Ce n’est pas tous les jours qu’on vit un moment pareil!

Vous avez dit médias? 

Depuis le temps de l’approche communicative, les médias occupent une place de choix dans l’enseignement du français langue étrangère.
À l’heure actuelle, et grâce aux progrès incessants de la technologie, tout type de documents, journaux, radio, télévision, sont à notre portée, pourrions-nous dire, en un seul click, ce qui nous permet, bien entendu, de ne pas nous limiter aux seuls deux média français vers l’extérieur, RFI et TV5, sans pour cela, le négliger.
Les différentes exploitations pédagogiques proposées dans cet atelier abordent aussi bien la compréhension que l’expression, ainsi que le lexique et la grammaire, mais il nous semble que leur objectif principal est celui d’abattre les murs de la salle de classe et de mettre nos apprenants en contact avec l’actualité du monde qui parle français, aussi bien en Europe qu’en Afrique et en Amérique. Le matériel à travailler devra donc être le plus actuel possible. Il est toutefois conseillable d’éviter les documents dont le fond politique ou religieux pourrait installer une polémique négative au sein du groupe classe.
Toute la première séance de notre atelier sera consacrée aux documents produits par les chaînes de télévision françaises, belges, suisses, canadiennes aussi bien qu’africaines. Dans ce domaine, la part belle sera faire aux journaux télévisés (JT), source presque inépuisable où tout va nous être utile, et ce depuis le niveau A1, du générique aux différents reportages qui les composent sans oublier les titres.
Quant à la deuxième séance de l’atelier, sa première heure portera sur les documents tirés de la radio et de la presse écrite, tandis que la deuxième heure sera consacrée au travail des assistant(e)s à l’atelier.
 

La télévision
 

Le journal télévisé (JT)

« Le journal télévisé peut constituer une ouverture sur la société que les apprenants souhaitent mieux connaître du point de vue de son organisation et de son fonctionnement » Carmen Compte

Le générique

Public: à partir de A1
Objectifs communicatifs :
Comparer
La description.
L’expression des préférences
Objectifs linguistiques
Le lexique de la comparaison
L’adjectivation
Le lexique de la description
Objectifs socioculturels
Découvrir les journaux télévisés de différents pays francophones

  • Comparer les génériques des différents JTOnt-ils tous la même durée ?Comparer les différentes musiques.Ayant vu tous les génériques, peut-on déduire quel est le public visé par chaque chaîne ?
  1. Le nom du présentateur ou de la présentatrice est-il cité ?
  2. Y voit-on des images de fond ? Si oui, lesquelles ?
  3. Quelle en est la couleur dominante ?
  • Description
  1. Décrire l’un des génériques, couleurs, inscriptions, images, musique de fond, présentateur…
  • Préférences
    1. Demander aux élèves de choisir leur générique préféré et d’expliquer pourquoi il leur plaît.

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=1wcv5LoXy5E
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=M7gX8SAskto
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=xE-IjtNHyZ0
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=tRQpp95sKRo
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=MgHDHr8AmYs
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=ASaJO4fVoa4

Les titres

Public : À partir de A2
Objectifs communicatifs
Se familiariser avec le vocabulaire journalistique.
Comparer
 
Objectifs linguistiques
Les connecteurs logiques et chronologiques.
La comparaison
L’hypothèse
Objectifs sociolinguistiques
Découvrir les JT de différents pays francophones
Connaître le nom des différentes rubriques d’un JT

  • Mise en route
  1. Demander aux apprenants de dresser la liste des différentes séquences qui peuvent intégrer un JT (événement du jour, politique, international, sport, culture…)
  1. Présenter aux élèves la liste des titres d’un JT en particulier et leur demander de les classer dans l’ordre dans lequel ils considèrent qu’ils seront présentés.

Visionnement des titres.
Leur demander dans quelle rubrique (société, politique, culture, sport, économie, …) pourraient-ils placer les différents titres.
S’il y en a, quels mots de transitions sont utilisés pour passer d’un titre à l’autre

    1. Présenter les titres de différents JT et les comparer. Dans quel ordre sont présentées les informations ? Quelle peut en être la raison ?

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=Gq8w4X-zYP0
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=7rYiSbBvp3M
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=gqIv2-e5oq0
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=eXX-B5mYDvI
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=apBjuTW4q38

FR3 FR2 RTBF Radio

Canada

RTS Côte

d’Ivoire

Société
Politique
International
Économie
Sport
Justice
Culture
Pas de titres

Les reportages
« Par leur durée et leur écriture, les reportages des journaux télévisés paraissent (…) constituer d’excellents supports pour entraîner l’apprenant à l’utilisation de stratégies de décodage. Celles-ci s’appuient sur une culture télévisuelle que je postule acquise inconsciemment par le téléspectateur qu’est aussi l’apprenant » Carmen Compte

Public : À partir de A2

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  1. Visionner un reportage sans le son.
  2. Focaliser l’attention des apprenants sur les indices signifiants de l’image. Les analyser. Demander aux apprenants de rédiger le commentaire qui pourrait accompagner ces images Visionner avec le son.
  1. Analyse du reportage.Comment sont annoncés les reportages ?Quel sont les temps verbaux utilisés ?
  2. Quels sont les mots de liaison ?
  3. S’agit-t-il du récit de l’information ou y a-t-il aussi une (des) interview(s) ?
  4. Qui a la parole ? (Le présentateur, un journaliste sur le terrain…)
  1. Comparer la même information sur de différentes chaînes et même sur de différents médias.Public : B1 à C2 (Il faudra donc choisir aussi bien les documents que les activités adaptés à chaque niveau, le document radiophonique devrait être travaillé à partir du niveau B 2)Objectifs linguistiques : Les expressions d’opinion                                       Le lexique des achats                                             Donner son opinionObjectifs culturels : L’opinion publique sur un sujet d’actualité.
  2.                                 Le traitement des médias de ce fait d’actualité.
  3. Objectifs phonétiques : Apprendre à reconnaître les accents du français
  4. Objectifs communicatifs : Interroger sur un fait de société
  5.                                         Le lexique de l’écologie
  6. Nous avons choisi dans ce cas l’interdiction des sacs en plastique aussi bien en Belgique, qu’au Québec et en France. Pour les deux premiers, il s’agit de reportages télévisuels, et pour le cas de la France d’un document radiophonique.

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=KmfdfyaE5K4
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=2FcQYwUq9l8
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=gnl2u9iOJRY

  • Mise en marche
  1. Présenter le sujet : Interdiction des sacs en plastique (En Argentine, ils sont interdits à Buenos Aires depuis décembre 2016). Demander l’opinion des apprenants.
  1. Vidéos RTBF et Radio Canada.
  2. Après visionnement des deux :
  1. Dans quel pays l’interdiction est la plus complète ?
  2. Quelle est la réaction quant à la fabrication des sacs en Wallonie et à Montréal ?
  3. Quel français vous a paru le plus facile à comprendre ?
  4. La Wallonie et le Québec, deux régions francophones. Demander aux apprenants de faire des recherches sur le sujet.
  • RTBF (3’08’’)D’où doivent disparaître les sacs en plastique léger ?Quels sacs devront être offerts aux clients ?Que se passe-t-il sur les marchés ?Quels sont les alternatives proposées ?Dans le titre, que peut vouloir dire « conso » ?
  1. Chercher un synonyme d’ « emplettes ».
  2. Lexique :
  3. Quel est l’inconvénient des sacs en plastique pour l’écologie ?
  4. Quelle est la réaction des clients ?
  5. À partir de quelle date ?
  6. Compréhension :
  • Radio Canada (1’46’’)
  • CompréhensionQui a pris la décision ?Les consommateurs sont-ils tous d’accord ?Quelle est la réponse du maire ?
    1. Que veut interdire ensuite le maire de Montréal ?
    2. Qu’en dit l’industriel ?
    3. Que craignent les détaillants ?
    4. Tous les sacs de plastiques seront interdits à Montréal ?
  • LexiqueBannir/bannissement5 sous 
  1. Reformuler : En bout de ligne, ce n’est pas vraiment une bonne mesure environnementale.
  2. Les détaillants
  3. 50 microns
  • France Inter 4’19’’
  • Compréhension globale (après une première écoute)Combien de personnes entendez-vous dans cette émission ?Où se trouvent-ils ?Combien d’avis positifs et négatifs entendez-vous sur l’interdiction des sacs plastiques ?
    1. Dans quel ordre sont-ils présentés ?
    2. Combien de personnes interviewées ? Qui sont-ils ?
    3. Combien de journalistes ?
    4. Le 7-9 de France Inter. À quoi fait référence le titre de l’émission ?
  • Compréhension détaillée (plusieurs écoutes peuvent être nécessaires). Quelles solutions Olivier Febvret et Jean-Philippe Grail apportent-ils ?
    1. Présentation de Thibaut Lefebvre de la société Alprod. Quelles indications de lieu et de temps le journaliste nous donne-t-il ? Et par rapport à la situation laborale ?
  • Lexique (Avec la transcription)En plein cœur de l’Auvergne :600 âmes :Qui tourne à plein régime :Un chamboulement terrible sur le territoire :…change la donne :Biosourcés et biodégradables :Avoir gain de cause :
  1. Qui a le vent en poupe :
  2. L’essor du sac écolo :
  3. Les ventes s’écroulent :
  4. Prend de plein fouet :
  5. La production de son entreprise a fondu :
  6. Qui tourne au ralenti et qui sonne creux :
  7. Un plateau perché à 800 mètres d’altitude :
  8. Reformulez ces phrases ou expressions :
  • Production écrite.
  1. Essai : Pensez-vous que l’interdiction du sac plastique dans le commerce règlera les problèmes écologiques ? (150 mots)
  • Production orale.
  1. Débat sur le même sujet.

Transcription
Le 7-9, Patrick Cohen sur France Inter
La fin programmée du sac plastique

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Patrick Cohen : C’est la fin programmée du sac plastique. Au premier juillet, il n’y aura plus de sacs de caisse dans les supermarchés et six mois plus tard, la majorité des sacs de bouchers, des boulangers, des pharmaciens vont disparaître. C’est le résultat d’une disposition de la loi de transition énergétique votée il y un peu moins d’un an. Bonjour Thibault Lefebvre.
Thibaut Lefebvre : -Bonjour Patrick.
P.C : C’est toute une industrie qui doit s’adapter, une industrie concentrée en plein cœur de l’Auvergne.
T.L. : C’est un plateau perché à 800 mètres d’altitude, un territoire de moyenne montagne, de résineux et de prairies. C’est ici, autour de la ville de Sainte-Sigolène, que 40% du plastique souple français est produit. 2 500 emplois directs sur un territoire de moins de 40 000 habitants.
Des petites villes, des villages comme Riotord, 600 âmes, et une entreprise de production de sacs plastiques qui tourne au ralenti et qui sonne creux.
Nous sommes en plein milieu de semaine, et une seule personne travaille dans l’usine de la société Alprod, il s’agit de Jacky et ça fait plus de 30 ans qu’il s’occupe des expéditions.
Jacky : Il y a une énorme baisse d’activité, on le sent bien. Quand vous imaginez une unité de production qui tourne à plein régime et qui aujourd’hui tourne à 5’% d’activité, vous imaginez qu’au niveau travail, c’est plus la même chose, quoi !
T.L. : L’avenir de Jacky et des 50 salariés d’Alprod est entre les mains du PDG Antoine Hugonet. Depuis le début de l’année, la production de son entreprise a fondu, elle est passée de 400 à 150 tonnes par mois.
Antoine Hugonet : En effet, là, c’est une semaine de chômage par(imcompréhensible) . Le fait d’avoir une loi, le fait d’interdire 75 à 80% des emballages que nous fabriquions par le passé, automatiquement, ça fragilise l’entreprise significativement. J’ai beaucoup de mes confrères qui sont en très grande difficulté également. Aujourd’hui, il y a grosso modo sur le territoire français, à minima 3 000 emplois directs industriels menacés. Donc, ça veut dire quand même un chamboulement terrible sur le territoire.
T.L. : Selon la Chambre de commerce et d’industrie, une centaine d’emplois pourraient disparaître sur le plateau.
P.C. : Mais certaines entreprises, Thibaut, ont anticipé ce chamboulement ?
T.L. : Eh oui, l’industrie du sac a encore de la ressource. Barbier, c’est le numéro un français du film plastique. Au début des années 2 000, l’entreprise prend de plein fouet la concurrence asiatique, les ventes s’écroulent. 15 ans après, la loi de transition écologique change la donne. Les sacs les plus fins doivent désormais être biosourcés et biodégradables, et c’est une chance pour Olivier Febvret. Il est chef des ventes sacherie du groupe.
Olivier Febvret : L’Asie a pris beaucoup de parts de marché du fait d’une structure de coûts différente, notamment liée à des différentiels de prix de matières premières importants entre le marché européen et le marché asiatique. Le fait que maintenant on aille sur des matières qui sont d’origine végétale, on va se retrouver sur des matières qui sont équivalentes en termes de tarification. La raison première qui était la différence de coûts devrait se lisser, devrait même carrément disparaître, voire donner un avantage aux fabrications européennes. Le fait de produire en France va relancer toute cette activité.
T.L. : Les défenseurs de la loi estiment qu’elle pourrait générer 4 000 nouveaux emplois.
P.C. : Une loi qui favorise les entreprises français, mais plus encore les entreprises qui ont cru à l’essor du sac écolo.
Jean-Philippe Grail : L’avantage du bio, il a une certaine élasticité, par contre, l’inconvénient, il n’est pas totalement transparent. Petit à petit, on peut espérer qu’une grande partie des produits polyéthylène d’aujourd’hui, bascule sur du bio.
T.L. : C’est le pari de Jean-Philippe Grail depuis 2008. À tout juste 40 ans, cet autodidacte croit depuis toujours au bioplastique. Il y a 6 mois, il investit 7 000 000 € dans l’entreprise, c’est tout simplement le montant de son chiffre d’affaires annuel.
J.-P. : Sans cette loi, on aurait pas (incompréhensible)Enfin, au bout de 8 ans, on va peut-être avoir gain de cause et avoir raison sur l’investissement qu’on a fait à l’époque. On essaye de voir plus loin que la loi, on veut regarder effectivement tous les produits … conventionnel et voir ceux qu’on peut amener à être en bio.
T.L. : Parmi ces autres produits, les cônes à fleurs ou les films de protection des ramettes de papier, par exemple. Une diversification qui pourrait payer car le sac en bioplastique a un inconvénient : son prix, quatre fois plus cher qu’un sac de caisse traditionnel. Et un concurrent très sérieux : le sac en papier qui a le vent en poupe.
P.C. : Thibaut Lefevre, merci pour ce reportage et ce zoom, il est 7h19.

  • Présenter une information.

À partir d’une dépêche de presse, rédiger la présentation de la nouvelle dans un JT.
Variante : Imaginer une information, en rédiger le texte pour le JT.
Si cela est possible, filmer ce reportage fictif et le poster sur youtube, facebook ou n’importe quel autre réseau social. On peut éventuellement, si on en a le temps, et, bien sûr, l’enthousiasme des apprenants, filmer tout un JT.
Pour aller plus loin, un rap sénégalais:
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=J9S_xdBZz-M

Et puis, voici quelques documents, magazines, dessins animés, reportages, courts-métrages…, glanés dans le vaste panorama del télévisions francophones ;

Un magazine culturel sénégalais.

Mag Sénéculture nº2
Radio Télévision Sénégalaise (RTS)
Mai 2016
Source : Youtube

Public : À partir de A2
Objectifs linguistiques :
Les connecteurs chronologiques et logiques
Le lexique de l’art plastique
L’adjectivation
Objectifs communicatifs :
Faire des hypothèses
Décrire
Rédiger un article
Objectifs phonétiques : Apprendre à reconnaître les accents du français d’Afrique.
Objectifs socioculturels : Découverte de la culture, plus particulièrement de l’art plastique, africaine.

  • Générique
  1. À quoi la musique de fond vous fait-elle penser ?
  2. Et le nom de l’émission ?
  3. Qui peut arriver dans la jeep ?

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=yB1i2PfVc9g

  • Sommaire
    1. Quels organismes présentent-ils l’émission ?
    2. À quelle manifestation cette émission est-elle consacrée ?
    3. Dans quel ordre ces informations sont-elles présentées ?L’exposition internationale ….Les activités pour les enfants ….
    4. Les rencontres professionnelles ….
    5. Rencontre avec les lauréats ….
    6. Le marché international de l’art de Dakar ….

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=S79SNgqdemQ

  • Présentation
    1. En combien de parties pourriez-vous diviser cette présentation ?
    2. Pourriez-vous mettre un titre à chacune d’entre elles ?
    3. Prenez de notes et rédigez un article de presse sur la Biennale de Dakar.

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=q-RqywvokLk

  • Reportages
  • Moridja Kitengué-Banza
    1. D’où cet artiste est-il originaire ? Quelle signification le sigle RDC a-t-il ?
    2. Comment la présentation de l’artiste s’appelle-t-elle ?
    3. Comment est-elle constituée ?
    4. Sur quoi est-elle une réflexion ?

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=8WIN_YQ7-VA

  • Arébénor Bassène
  • De quel pays cet artiste vient-il ?
  • Quand le prix de l’UEMOA (Union économique et monétaire de l’Ouest africain) lui a-t-il été attribué ?
  • Comment l’œuvre de Bassène s’appelle-t-elle ?
  • Quel sujet le tableau évoque-t-il ?
    • En quoi son art consiste-t-il ?

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=_EQtWNqUY0Y

  • Cheikh Hamidou Kane
  • Par quoi l’écrivain est-il impressionné ?
  • Quelle comparaison fait-il ?
  • Quels sont, selon Cheikh Hamidou Kane, les drames actuels de l’Afrique que nous montrent les plasticiens ?
  • Essai : (150 mots)Que pensez-vous de ces propos de Cheikh Hamidou Kane. Étayez vos arguments par des exemples.
    1. « L’élite africaine, les dirigeants devraient méditer sur ce qu’expriment les artistes africains ».

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=MIZj_MBux-Q

  • Pour aller plus loinLe Sénégal et, plus généralement, l’Afrique francophone.L’écrivain Cheikh Hamidou Kane.La Biennale de l’art africain, Dak’art , de 2016.
  1. Le premier Festival des arts nègres de 1966
  2. Le président-poète Léopold Sédar Senghor.
  3. À partir de ce document, plusieurs recherches peuvent être menées à bien :

Un dessin animé
BLAISE
Arte 19-09-2016

Public: B1.2 à C1
Objectifs communicatifs:
Faire des hypothèses
Décrire
Rédiger un récit
Objectifs linguistiques
Découvrir le français familier
Objectifs socioculturels
Les rapports familiaux et interpersonnels
Les bobos

  • Mise en routeQui Blaise peut-il être ? Faites des hypothèses sur le sujet de l’émission.
    1. Le titre : Des retrouvailles exaltantes
    2. Décrivez le générique. Que peut-il symboliser ?
    3. Visionner le générique de l’émission

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=Nq2bNaBNpxM

    • Visionner toute l’émission

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=eh1Y14d0vuU

  1. Qui ces personnages sont-ils ?Jacques :Gérard :
  2. Benoît :
  3. Carole :
  4. Blaise :
  • LexiqueIl ne s’est pas accroché :Quel con ! :
  1. Ton pote :
  2. Tu t’en fous :
  3. Chercher (par exemple, sur internet) ce que veulent dire ces expressions en français familier :
  1. Dans la première partie, Jacques dit : « J’ai dû passer pour un égoïste ». Que pensez-vous de cette phrase ?
  2. Est-ce vraiment une histoire qui se termine bien ?
  3. Repérez les situations humoristiques dans cette émission. Comment qualifieriez-vous ce genre d’humour ?
  4. Les parents de Blaise intègrent la classe des « bobos ». Que savez-vous de bobos ? Faites des recherches sur ce sujet.
  5. Faites le récit de l’émission, en vous arrêtant sur la personnalité des personnages.

Montargis, berceau de la Chine nouvelle
Histoire(s) en France
BFMTV 13-07-2015

Public : À partir de B1
Objectifs communicatifs
Faire des hypothèses
Rédiger un article
Objectifs linguistiques
Les connecteurs spatio-temporels
Les temps du récit
Objectifs socioculturels
Découvrir un moment de l’histoire de France et de la Chine

  • Mise en marche
  1. Ayant précisé que Montargis est une commune située dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, demander aux apprenant que leur suggère le titre de l’émission.
  • Compréhension
  1. Selon la présentatrice, pourquoi Montargis est-elle le « berceau de la Chine moderne » ?
  2. Pourquoi le sculpteur Li a-t-il offert l’une de ses œuvres à la commune de Montargis ?
  3. Que s’est-il passé dans cette ville dans les années 20 ?
  4. Pourquoi Pewein Wang a-t-elle créé son association ?
  5. Que se passait-il le soir dans le parc ?
  6. Qui était l’ami du leader des Chinois de Montargis, Çai Hesen ?
  7. Deng Xiao Ping était-il un ouvrier modèle ?
  • Lexique 
    1. Reformulez cette phrase : Pour beaucoup, ce séjour jouera un rôle clé dans leur formation politique.
  • Expression écrite  
  1. Rédigez un petit article de presse racontant l’histoire des Chinois de Montargis.

Un court-métrage
Ceux qui restent
Un film de Mathieu Vachon (8’48’’)
Scénario de Sarah Lalonde
Production Voyelles Films 2015
Présenté sur ICI TOU.TV (Radio Canada), le 18-02-2016

Public : De A2 à B2
Objectifs communicatifs :
Faire des hypothèses
Imaginer et rédiger un scénario
Donner son avis sur un film
Rédiger une critique
Objectifs linguistiques :
Le lexique de l’opinion, de la description et de la critique
Objectifs socioculturels :
Découvrir un court-métrage québécois.
Découvrir la problématique des amérindiens au Canada.

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=hJDMOcEbL_Y

  1. Mise en route.
  2. Demander aux apprenants ce que leur suggère le titre du court-métrage : Ceux qui restent.
  • Expression écrite Rédiger la suite du scénario après avoir répondu aux questions suivantes.-Où ?-Quoi ?
  1. -Quand ?
  2. -Qui ?
  3. Visionner les premières images jusqu’au titre (0’42’’).
  1. Visionner le court-métrage.
  2. Après le visionnement, demander aux élèves leur opinion sur le film.
  • Expression écrite
  1. Demander aux apprenants de rédiger une critique du court-métrage.

Un portrait
Pierre Rahbi
Faut pas croire
TV5 28-08-2016
(Émission de la Radio Télévision Suisse)

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=eaVZLupfF6w

  • Mise en marche
  1. Qu’évoque pour vous le mot « agroécologie » ?
  • Compréhension globale
  1. Après un premier visionnement, que pouvez-vous dire de Pierre Rahbi et de son parcours ?
  • Compréhension détaillée
  1. Répondez aux questions suivantes :
  1. De qui 2015 est-elle l’année internationales ?
  2. Quel âge Pierre Rahbi a-t-il ? Comment les journalistes le disent-ils ? Pourquoi ?
  3. Selon Pierre Rahbi, que se passe-t-il quand la terre est en bonne santé ?
  4. Où est-il né ?
  5. Quelles activités son père exerçait-il ?
  6. Qu’a-t-il dû faire pour survivre économiquement ?
  7. Quel âge Pierre Rahbi a-t-il au décès de sa mère ? Que se passe-t-il dans sa vie ?
  8. Quand s’installe-t-il en Ardèche ?
  9. Que veut-il prouver ?
  10. Complétez ces deux phrases :L’agroécologie cherche a rendre les agriculteurs ………………….
  11. Chez Pierre Rahbi, la terre est cultivé sans …………….. ni ……………. et avec le …………….. d’eau possible.
  • Expression écrite
  1. Rédigez un court portrait de Pierre Rahbi.

 
Un autre portrait
Tristan
Second regard
ICI TOU.TV
(Site web de vidéo sur demande gratuit de la Société Radio-Canada)
22-05-2016

Certains reportages nous permettent de faire entrer l’émotion et même l’affectif dans nos salles de classe, ce qui n’est pas trop fréquent. Ce reportage nous met aussi en contact avec le français du Québec, au-delà des versions caricaturales qui apparaissent dans certains manuels.

Public : à partir du niveau A2
Objectifs communicatifs
Écrire un récit
Objectifs linguistiques et phonétiques
Les connecteurs chronologiques et logiques.
La phonétique du français québécois
Objectifs socioculturels
Le handicap au Québec

  • Mise en marche
    1. Visionner le très court extrait où l’on voit Tristan s’exprimer.

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=qdy4iMuYq00

    1. Comment s’exprime-t-il ? Pourquoi ?
    2. Quel métier Tristan peut-il exercer ?

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=_SET-Y6ic68

  • Production écriteQui ?Où ?Pourquoi ? 
    1. Rédigez l’histoire de Tristan.
    2. Comment ?
    3. Quoi ?
    4. Après avoir répondu à ces questions :
  • Production oraleConnaissez-vous de lieux de travail basés sur une idée similaire ? Qu’en pensez-vous ?
  1. Un mot est répété tout au long du reportage, qu’évoque-t-il pour vous ?

 

La radio

À rebours
Radio Canada Première
13-02-2015
3’59’’

Public: À partir de B1
Objectifs linguistiques et phonétiques
Les temps du récit
Les connecteurs spatio-temporels et logiques
L’accent et le lexique québécois
Objectifs communicatifs
Faire des recherches à l’aide du dictionnaire
Rédiger une biographie
Objectifs socioculturels
Découvrir une émission de Radio Canada
Découvrir un personnage de l’histoire des Droits de l’homme

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=lspBwQuA4bM

Mise en marche
Connaissez-vous l’expression « à rebours »?
Consultez le Petit Robert.

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Compréhension globale
Après une première écoute, répondez:
-Il s’agit d’une émission…
…sur l’histoire.
…sur les moyens de transport.
-De qui parle-t-on dans cette émission?
…d’une chanteuse de gospel.
…d’une héroïne de la lutte contre l’esclavage.
-Après cette écoute, quelle définition du dictionnaire vous paraît-elle la plus appropriée au titre de cette émission?

Compréhension détaillée
Après une deuxième écoute, répondez :
-Quelle fonction les chansons gospel ont-elles dans la lutte contre l’esclavage ?
-Qui Harriet Tubman est-elle ?
-Comment l’appelle-t-on ? Pourquoi ?
-Que pouvez-vous dire du caractère de Harriet Tubman ?
-Où les esclaves en fuite s’installaient-ils ?

Lexique
Reformuler :
-Il fallait à tout prix.
Virtuose du déguisement.
-Les États du Nord sont tenus de rapporter les fugitifs.

Qu’est-ce une gourde ?

André Martineau dit, pour prendre congé de ses auditeurs, « On se laisse ». Que dirait-on habituellement en France ?

Expression écrite
-Rédigez une courte biographie d’Harriet Tubman.

-Choisissez un personnage historique, si possible peu connu, et rédigez, à la manière de À rebours, le scénario d’une émission de radio. Éventuellement, enregistrez l’émission en y ajoutant de la musique, du bruitage…

Transcription
À rebours
Radio Canada Première
13-02-2015
3’59’’
 
De la musique gospel pour libérer les esclaves

À rebours, chaque jour, une capsule d’histoire, avec André Martineau.

Un classique du gospel américain, « Go down Moses », ce sont les Southern Songs qui chantent.
Si vous étiez un esclave en fuite aux États-Unis et qu’une nuit vous entendiez quelqu’un au loin fredonner cette chanson, il fallait à tout prix, mais à tout prix, rester caché.
Il existait un code pour les esclaves en fuite, un code qui empruntait au répertoire gospel. Certaines chansons donnaient des indications à suivre, d’autres, comme celle-là, avertissaient d’un danger imminent.
C’est Harriet Tubman qui dévoilait ces codes mystérieux dans ses Mémoires parues en 1869. Harriet Tubman, elle est la femme qui a le plus contribué à l’évasion d’esclaves au XIXe siècle, leur permettant de fuir vers les États du Nord ou vers le Canada, en passant par ce que l’on appelait le chemin de fer clandestin, « the underground rail road ». Et, pour cette raison, et en référence au personnage biblique qui guida les esclaves juifs à travers le désert, on surnommait Harriet Tubman, « the Moses of our people », la Moïse des afro-américains.
Harriet Tubman est née esclave dans le Maryland. À 29 ans, elle réussit toutefois à s’évader des conditions inhumaines qui régnaient dans les plantations.
Brillante stratège, virtuose du déguisement, elle accompagnait les esclaves au travers des forêts, des savanes et des marécages. Sa détermination est légendaire, sa dureté aussi.
Un jour, Harriet Tubman a pointé son arme en direction d’un fugitif découragé et lui a lancé : « Avance ou meurs ! » Et l’esclave en fuite décida de reprendre la route.
À partir de 1850, les États du Nord sont tenus de rapporter les fugitifs au Sud, à leur propriétaire. C’est à partir de ce moment qu’Harriet Tubman choisit le Canada comme destination. D’abord, les chutes du Niagara, puis Sainte-Catherine. En 1855, on dénombre 123 familles noires dans le village de Sainte-Catherine, pour beaucoup arrivés là grâce à Tubman.
Entre 1849 et 1860, on estime que plus de 300 esclaves furent libérés grâce au dévouement d’Harriet Tubman.
Martin Luther King a dit un jour que pour ceux qui s’échappaient de l’horreur de l’esclavagisme, le Canada était l’étoile du Nord. Et cette étoile on le trouvait grâce à la constellation de la grande Ourse, celle que les esclaves surnommaient la « Gourde ». On se laisse avec Leon  Bibb.

La presse écrite

Ces exploitations pédagogiques, et bien d’autres, peuvent être réalisées sur la base d’articles de presse.
Nous présentons, à titre d’exemples, deux textes :

-Migration massive d’Haïtiens vers l’Amérique latine : drame ou opportunité ?
Le Nouvelliste – Haïti
 
Le Nouvelliste
Haïti
22-07-2016

Migration massive d’Haïtiens vers l’Amérique latine: drame ou opportunité ?

Sous un soleil ardent, une ligne d’attente interminable regroupe différentes catégories de personnes voulant atteindre coûte que coûte le nouvel Eldorado haïtien. On est au Centre de réception de demande de visa brésilien, à quelques minutes de l’ambassade américaine à Tabarre. Quotidiennement, du matin au soir, des dizaines de jeunes filles et garçons font le pied de grue devant le Centre qui est le fruit d’une collaboration entre le consulat brésilien et l’Office international pour la migration (OIM), dans l’espoir de trouver un visa humanitaire en vue de quitter le pays au plus vite.

À côté du Brésil, le Chili constitue la destination rêvée par tant d’Haïtiens. S’il faut un visa pour se rendre au Brésil, tel n’est pas le cas pour le Chili. « Une lettre d’invitation, une pièce d’identité valide, le billet d’avion et près de US $ 1500 us d’argent de poche », telles sont les conditions imposées à ceux qui veulent s’y rendre. Cependant, un visa d’entrée est exigé pour les étudiants.

Aucun sacrifice n’est trop grand pour les candidats à l’immigration. Certains n’hésitent même pas à vendre leurs biens (voitures, maisons …) aux plus offrants pour pouvoir remplir ces conditions. C’est le cas d’Alciné, 33 ans, qui a vendu son taptap pour couvrir les frais de son voyage vers Brasilia. « Pourtant, malgré le coût assez élevé de ces voyages, le nombre des migrants haïtiens s’élève à 70 000 au Brésil et l’on compte au Chili près de 5 000 migrants », affirme Josué Michel du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR).

Avec cette vague d’immigration vers l’Amérique latine, Haïti se voit dépouillée d’une partie de sa jeunesse, de ses cadres, de ses intellectuels. Des jeunes à l’instar de Marc âgé de 28 ans, qui après quatre années d’études en psychologie n’a jamais pu trouver un emploi. Par conséquent, nos compatriotes voient le pays de Michelle Bachelet et celui de Michel Temer comme étant de échappatoires. On enregistre aussi certains qui partent parce qu’ils veulent poursuivre des études. C’est le cas de Lydia, rencontrée à l’ambassade du Chili. Jeune femme chaleureuse mais incertaine d’un éventuel retour en Haïti.

Considérant l’ampleur que prend la migration des Haïtiens vers l’Amérique, le phénomène attire l’attention des organisations de défense des droits humains. « Quand j’ai commencé à suivre le flux migratoire des Haïtiens vers le Brésil, j’ai décidé d’aller observer de près la situation. Et j’ai tristement constaté que l’ambassadeur haïtien au Brésil se foutait pas mal des migrants. J’ai même fait part de mes préoccupations au ministre actuel, malheureusement aucune stratégie n’a été adoptée », rapporte Philippe Jean-Thomas du GARR. Il regrette que les autorités haïtiennes n’aient ni la capacité de satisfaire les besoins quotidiens de la population locale ni les moyens de répondre aux besoins des migrants via les représentations diplomatiques.

Selon les constats du GARR et d’autres organismes de défense des droits humains, loin de se décourager, le nombre de nos compatriotes traversant les frontières brésilienne et chilienne ou d’autres pays de la région ne cesse de grandir.
Les phénomènes migratoires, comme on les observe en Haïti, sont un couteau à double tranchant. Ils ont des bénéfices et des conséquences sur le pays à court ou à long termes. « La migration peut aider à soulager les besoins des familles haïtiennes via les transferts d’argent, parce qu’ils dépassent de loin l’aide publique au développement et l’investissement extrême privé », d’après Vario Sérant, détenteur d’une maîtrise en population et développement. Il reconnaît cependant que la migration ne peut pas définitivement résoudre la crise économique qui perdure en Haïti. La migration, comme le revers de la médaille, entraîne aussi la fuite des cerveaux. Ce qui constitue une entrave au développement du pays.
 

  1. Présenter aux apprenants le texte dont les paragraphes auront été mis en désordre. Leur demander de rétablir un ordre logique.
  2. En combien de parties peut-on diviser cet article. Mettre un titre à chacune d’entre elles.
  3. Reformuler ces phrases :-Des dizaines de jeunes filles (…) font le pied de grue.-Sont un couteau à double tranchant.
  4. -La migration, comme le revers de la médaille, entraîne aussi la fuite de cerveaux.
  5. -Des jeunes à l’instar de Marc.
  6. -Voulant atteindre coûte que coûte

Nathalie Jollien Publié mardi 13 septembre 2016
Leçons d’une année 2016 climatiquement hors-norme

Après onze mois de records mensuels de chaleur, à quoi faut-il s’attendre pour les prochains mois? Le climatologue Martin Beniston décrypte les aléas de la météo de cette année exceptionnelle
La rengaine est presque connue: comme d’autres mois avant lui, août 2016 détient un record de chaleur. La Nasa a indiqué lundi qu’avec +0,98°C au-dessus de la moyenne calculée pour les années 1951 à 1980, août 2016 dépasse le précédent record établi en 2014 (+0,82°C). C’est donc le onzième mois d’affilée à battre un record mensuel de chaleur. La série avait débuté en octobre 2015, avec un point culminant pour le mois de février 2016 avec un niveau exceptionnel de +1,32°C par rapport à la moyenne, l’anomalie la plus importante, tous mois confondus. Pour ce qui est du sol helvétique, Météosuisse indique que sur l’ensemble de la Suisse, les températures du mois d’août se sont situées 1.1°C au-dessus de la norme pour les années 1981 à 2010.
Avant cela, l’année climatique 2016 nous en a fait voir de toutes les couleurs. Hiver sans grande neige. Puis printemps avec des précipitations plus élevées que la moyenne. Les saisons reviendront-elles un jour à la normale? A quoi s’attendre pour les prochains mois? Le climatologue Martin Beniston, professeur à l’Université de Genève, décrypte les aléas de la météo de l’année.

Le Temps: A quoi sont dus les records de températures de cet été?
Martin Beniston: Nous traversons un événement El Niño assez puissant depuis quelques mois [phénomène climatique qui cause une inversion du sens des alizés soufflant dans l’Océan Pacifique, ndlr]. Ce phénomène climatique se caractérise par des températures anormalement chaudes sur une large partie de l’Océan Pacifique équatorial/tropical. Et cela sur des surfaces allant jusqu’à 30 millions de km2, de quoi injecter des quantités phénoménales de chaleur dans l’atmosphère. De ce fait, la moyenne des températures planétaires augmente de manière très perceptible. L’événement El Niño de 1997-1998 avait également mené à des pics de chaleur et abouti à ce que furent des années record au XXe siècle, en termes de températures moyennes de l’atmosphère.
– Les hautes températures de 2016 étaient-elles vraiment exceptionnelles?
– Des records de températures ont été battus en différents endroits du globe, de l’Europe, et de la Suisse, si bien que l’on peut effectivement qualifier cette année d’exceptionnelle. Ce qui est surprenant, c’est que la situation météo de ces trois dernières semaines est celle que l’on peut rencontrer plus fréquemment en juillet en en août. La configuration météorologique actuelle est presque la même que celle de début juillet 2015, lorsque les températures du 7 juillet à Genève avaient frisé les 40°C.
Pourtant, dans la saison actuelle, les nuits sont plus longues, ce qui diminue l’ensoleillement cumulé durant la journée. En conséquence, la Suisse n’atteint pas des températures au-delà de 35°C en ce début septembre, alors qu’en juillet ou en août ce seuil aurait certainement été allègrement dépassé. Plus au Sud par contre, des villes comme Madrid avec plus de 40°C, ou la région d’Aquitaine en France avec plus de 38°C, vivent un mois de septembre record et donc également exceptionnel.
– Ces températures plus élevées que la moyenne vont-elles perdurer ces prochains mois?
– Tout dépendra de la vitesse à laquelle l’influence d’El Niño va se résorber. On se dirige probablement vers la phase froide du mécanisme d’El Niño, l’événement climatique inverse baptisé La Niña [une surréaction de l’atmosphère visant à le faire revenir à son état d’équilibre, ndlr]. Cela devrait faire baisser quelque peu les températures planétaires moyennes sur un laps de temps de plusieurs mois. Cependant, ce refroidissement ne sera pas uniforme partout, puisque la baisse des températures n’est pas instantanée et que la réaction régionale aux fluctuations El Niño/La Niña peut être très différente d’une partie du globe à une autre. De ce fait, il est malaisé d’estimer s’il y a un risque ou non d’avoir un hiver plutôt froid et enneigé, comme ce fut le cas notamment en 1998-1999 lorsque La Niña a succédé à l’épisode d’El Niño de 1997-1998. Malheureusement, nos capacités à prédire la météo pour une échéance d’une ou deux saisons restent encore très limitées.
– Le printemps dernier, lui, a été particulièrement pluvieux en Suisse, ce qui a rempli les nappes phréatiques. Quel est leur état actuel, après avoir subi les chaleurs estivales?
– D’après ce que je sais, les nappes phréatiques sont dans un état correct. Certes, l’été 2016 fut chaud mais ce n’était pas une canicule durable et intense comme en 2003 ou en 2015. Certaines régions du pays, où les fluctuations de niveau de la nappe sont plus grandes que d’autres, ont peut-être pâti des chaleurs depuis la fin juin. Mais contrairement à l’année 2003, les réserves souterraines en eau ne sont de loin pas entamées.
– Hiver avec peu de neige, printemps très pluvieux, chaleurs estivales en retard dans l’été: 2016 a connu une succession de séquences exceptionnelles. Est-ce le hasard qui fait que chacune des saisons fut «déréglée»? Ou est-ce une suite logique? Peut-on s’attendre à ce que ce dérèglement continue?
– Ce n’est pas un hasard. Une saison «perturbée» ou «anormale» aura tendance à transmettre certaines anomalies à la saison suivante. Si rien de nouveau ne vient perturber le système, les anomalies finiront par s’estomper. Difficile de dire si le dérèglement va continuer dans le même sens ces prochains mois. Mais si La Niña remplace bien le chaud généré par l’El Niño, cela ne sera probablement pas le cas.
 

  1. Dans ce cas, s’agissant d’une interview, on peut demander aux apprenants d’accorder les questions aux réponses qui auront été mises en désordre au préalable.
  2. Cochez le mot qui a le même sens :                       …problèmes                       …refrain                      …delai                       …augmenter
  3. s’estomper …se modérer
  4. échéance     …étape
  5. rengaine       …explication
  6. aléas             …hasards
  7. Parmi les cinq phrases suivantes, deux ne correspondent pas au texte. Lesquelles ?-Des ouragans vont se déchaîner sur la Suisse.-On ne peut pas pronostiquer si l’hiver sera froid.
  8. -Les records de températures ne se sont produits qu’en Europe.
  9. -Le phénomène d’El Niño produit des hausses de température.
  10. -Les températures du mois d’août ont été supérieures à celles des années antérieures.

On pourra, bien évidemment, proposer aux apprenants des activités d’expression écrite, article de journal, essai, et/ou orale sur la base de ces deux sujets.

Documents proposés aux assistant(e)s

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=4JI5SJtmJVk
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=JV-X464U4mY

 
Camille Destraz Mardi 2 août 2016

3 bonnes raisons de s’emballer pour la vente en vrac

L’ouverture de trois épiceries de vente en vrac provoque l’ébullition en Suisse romande. Ces échoppes, attendues, symbolisent une volonté de retour au bon sens
Le retour de la vente en vrac suscite des cris – et des hashtags – d’admiration. Pourtant, nos grands-parents l’ont bien connue, la vente au détail. C’est donc nouveau sans l’être. Entre-temps, il y a eu – et c’est loin d’être terminé – la consommation à outrance, les multipacks, le suremballage. Les aberrations comme les quartiers d’oranges emballés dans des barquettes en plastique épais, elles-mêmes recouvertes d’un film en plastique. Franchement: ça va le bocal?

La Suisse, champion du tri mais cancre pour la production de déchets

En 2012, les déchets traités en Suisse ont atteint les 3,62 millions de tonnes, selon les dernières statistiques de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Si notre pays est champion pour le tri, il est le deuxième d’Europe en termes de production d’ordures. Entre le mouvement Zéro déchet et le besoin toujours plus grand de connaître la traçabilité de nos denrées alimentaires, les magasins de vente en vrac ont naturellement fait leur nid. A Paris, l’enseigne Biocoop a ouvert un supermarché test 100% vrac à l’occasion de la COP21. Résultat: 300 clients par jour, soit quasi deux fois plus qu’espéré, y ont accouru avec leurs bocaux et sacs en coton.
Après l’ouverture de Nature en vrac à Genève en octobre 2015, Chez Mamie Bio vrac est né en mai à Sion. Quant au projet d’épicerie durable La Brouette, il ouvrira en septembre à Lausanne. «Encore un truc de bobos», ronchonnent certains internautes. «Ma grand-mère, qui a acheté au détail toute sa vie, est loin d’être une bobo», répond la présidente des Verts lausannois, Léonore Porchet. «On sort d’une génération qui a eu tellement d’argent qu’elle a pu se permettre de jeter la nourriture. Il y a simplement un retour au bon sens.»
Acheter la juste dose, cesser de remplir sa poubelle (taxée) de conteneurs plastiques après les courses. Ne serait-ce que pour ces deux bonnes raisons-là, les clients qui se sont rendus chez Mamie Bio vrac dès son ouverture ont exprimé leur «soulagement». «Ils étaient heureux d’être là, ils s’étaient préparés avec leurs bocaux comme s’ils avaient toujours acheté de cette manière», raconte son cofondateur, Olivier Richard.
Du côté de Nature en vrac à Genève, le succès est réel, et sa cofondatrice, Marcela Flechas, observe une prise de conscience qui pousse les gens à «sortir de leur confort». La clientèle se fidélise, et les deux fondatrices ont reçu jusqu’à 15 appels par semaine de la part de gens qui voulaient leur demander des conseils pour ouvrir leur propre magasin.

L’importance de la conservation

Bien sûr, tout n’est pas évident. Si farine, céréales, lentilles, café ou thé sont incontournables, il est compliqué de vendre les produits laitiers, pour des raisons d’hygiène. Pierre Nicolas, un des membres de la coopérative La Brouette, souligne la difficulté des techniques de conservation. Et il ne sait pas encore si l’épicerie trouvera moyen de vendre de la viande (bio et locale évidemment) dans des récipients écologiquement adéquats.
Vu la manière dont les consommateurs s’emballent pour le vrac, les grandes surfaces devraient suivre le mouvement… «Pour l’instant, nous sommes pris au piège. Fabricants et vendeurs n’ont presque aucune responsabilité sur l’impact écologique de leurs produits. La charge de vérifier cet impact est sur le dos des consommateurs», explique Léonore Porchet, en mentionnant comme solution l’initiative des Verts «Economie verte», sur laquelle les Suisses se prononceront en septembre.

Des caissières? Non, des machines!

Si les supermarchés s’y mettent, peu de craintes, toutefois, du côté des nouveaux épiciers. «Dans ces commerces, les caissières sont remplacées par des machines, observe Marcela Flechas. Nous, on peut parler des produits, conseiller les clients, on connaît les producteurs. Les gens nous disent qu’ils se sentent bien chez nous.»
 

Bibliographie et sitographie
Christine Tagliante, La classe de langue. Paris, CLE International, 1994
Michel Boiron, Christian Rodier, Documents authentiques écrits. Ressources de classe, Paris, CLE Internationale, 1998.
Martine Abdallah-Pretceille, Louis Porcher. Éducation et communication. Paris, PUF, 2001.
Francis Yaiche, La photo dans la classe. Le Français dans le monde, nº 329, 2003
Carmen Compte, La vidéo en classe de langue. Paris, Hachette, 1993
Maingueneau, Dominique, Analyser les textes de communication. Paris, Nathan, 2002.
Regina Maria Mollica Jourdan, Apprendre le français à partir des documents télévisuels. www.letras.ufrj.br
De Ferrari, Mariela, Le traitement des documents authentiques dans l’enseignement-apprentissage du FLE ou du FLES
www.francparler.oif.org
Lemeunier, Valérie, Élaborer une unité didactique à partir d’un document authentique
www.francparler.oif.orgmagine